C'est ce qui s'appelle payer la rançon du succès. Et quelle rançon! A moins de trois semaines des play-off de Ligue nationale B (LNB), le Lausanne HC, actuel coleader au classement avec Bienne, se retrouve dans la désagréable situation de devoir se chercher un nouvel entraîneur pour la saison prochaine. Riccardo Fuhrer, l'homme grâce auquel l'équipe vaudoise et tous ses supporters se sont pris à rêver d'un retour en LNA, s'est fait débaucher samedi par le CP Berne pour les deux prochaines saisons. Il assurera bien ses fonctions à Malley jusqu'au terme des play-off, mais le coup n'en est pas moins rude pour un club dont les dirigeants parlaient de «travail dans la durée», de «développement à long terme» avec celui qu'ils avaient engagé il y a moins d'une année.

Hier en début d'après-midi, lors d'une conférence de presse sur laquelle flottait un parfum de morosité, les dirigeants du LHC ont officialisé l'information ébruitée la veille. Jusqu'à dimanche soir, en effet, seul Pierre Hegg, l'administrateur délégué du club, était au courant. Il y fut question de «gratitude» envers «l'excellent travail» accompli par l'ex-Chaux-de-Fonnier. De «regrets», aussi, vu les espoirs nés d'une collaboration qui devait encore durer deux années. Et même de «liens d'amitié […] rompus». Certains dirigeants ont fait contre mauvaise fortune bon cœur, parfois de manière acrobatique. «Le départ de Riccardo Fuhrer pour Berne est la preuve que le LHC ne s'est pas trompé en l'engageant», a ainsi commenté Pierre Hegg en référence aux critiques de début de saison parues dans la presse, et qui visaient la politique de la nouvelle équipe dirigeante. «Bien sûr que nous avons pris un risque en acceptant dans son contrat une clause libératoire, a pour sa part répondu Maurice Meylan, le nouveau président du LHC. Mais en faisant appel à un autre entraîneur, serions-nous en tête du classement aujourd'hui?» A demi-mot, Riccardo Fuhrer a laissé entendre qu'il n'aurait en effet jamais accepté de parapher un contrat avec Lausanne sans clause libératoire.

«J'ai été contacté par le CP Berne il y a trois semaines», a expliqué l'intéressé, qui n'a jamais fait mystère dans le passé de son ambition d'entraîner une équipe de LNA. «J'ai pris cette offre comme un cadeau. Un cadeau que j'ai eu envie d'ouvrir.» Concrètement, Riccardo Fuhrer prendra ses nouvelles fonctions le 30 avril prochain, mais celles-ci supposent de préparer la saison prochaine sans attendre. D'où les interrogations qui planent sur la manière dont les joueurs lausannois vont réagir. Ils ont appris la nouvelle par des fuites en provenance de Berne dimanche soir, dans le car qui les ramenait de Bâle, et devaient être informés officiellement hier soir.

Hier, les dirigeants lausannois n'ont donné aucune précision sur celui qui pourrait prendre la succession du «professeur».