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La joie de Lausanne après le deuxième but, lors de la rencontre de football de Challenge League entre le FC Lausanne-Sport et le FC Wil, le samedi 20 février 2016 au stade Olympique de la Pontaise a Lausanne. (KEYSTONE/Cyril Zingaro)
© CYRIL ZINGARO

Football

A Lausanne, la promotion en Super League fait désormais partie du projet

Vainqueur du match au sommet de Challenge League, le LS compte neuf points d'avance sur Wil

Deux ans après l'avoir quittée, le Lausanne-Sport (LS) est en bonne voie pour retrouver l'élite du football suisse. Samedi, les Vaudois ont battu le FC Wil 2-1 (mi-temps 1-1) dans le match au sommet du championnat de Challenge League. L'équipe entraînée depuis mars 2015 par Fabio Celestini compte neuf points d'avance sur son poursuivant immédiat. «Il reste 15 matchs, 45 points en jeu», prévient immédiatement l'entraîneur, qui admet néanmoins vouloir «gagner tous les matchs. Nous ne voulons pas monter; nous voulons essayer de gagner tous les matchs. Si cela nous conduit à la promotion...»

Il y a derrière cette formulation autre chose que de la langue de bois (pas le genre de la maison Celestini). L'homme fort de la Pontaise a la volonté de bien faire les choses, dans le bon ordre. D'abord le projet, puis le style de jeu, puis les résultats, puis l'ambition. Il l'avait expliqué en avril 2015 au Temps, un mois après son entrée en fonction. «Le club a besoin de se structurer, de retrouver une identité. Vouloir monter et puis voir après ce qu’on fera, ça ne mène à rien. (...) Lausanne n’a pas beaucoup d’autres options économiques que de mettre en valeur des jeunes joueurs et de les vendre. Pour cela, il faut être prêt à reculer, quitte à connaître quelques saisons difficiles en Challenge League, pour revenir ensuite avec un vrai projet.»

Fabio Celestini dessine en creux l'anti-portrait du FC Wil. Bâtie à coups de millions par un investisseur turc, l'équipe saint-galloise a pompé tous les talents de la ligue: l'entraîneur Kevin Cooper et Johan Vonlanthen à Servette, Sandro Lombardi à Lugano et même Jocelyn Roux, le meilleur buteur du championnat, à Lausanne. Sur le terrain, Wil ressemble à ce qu'elle est: un conglomérat d'individualités, mais pas vraiment une équipe. L'an dernier avec Servette, Kevin Cooper était à la tête d'une bande de jeunes au jeu alerte qui s'était vu coiffer au poteau par Lugano. Cette saison, l'entraîneur anglais est à la tête de la grosse équipe, et va sans doute se faire souffler la première place par la bande de jeunes. 

Vainqueur de ses trois matchs depuis la reprise, avec à chaque fois un but de son nouvel avant-centre, le Nord-Coréen Kwang Ryong Pak, Lausanne n'écrase pas ses adversaires mais impressionne par son jeu. On construit depuis l'arrière, sans faire de la conservation de balle un but en soi. Fabio Celestini impose à ses joueurs de donner rapidement le ballon, toujours dans le sens du jeu, dans la course du partenaire. Un seul joueur semble ne pas être dans «l'esprit»: la jeune recrue uruguayenne Kevin Mendez, qui vint souvent s'empaler sur la très expérimentée défense centrale turco-hollandaise de Wil. Celestini ne remplaça pourtant Mendez par le plus collectif Sessolo qu'à la 65e minute. «Mendez a des consignes différentes parce que c'est un joueur différent. Une équipe doit avoir des individualités capables d'amener autre chose, de faire entrer de la lumière.»

Jeune entraîneur, Fabio Celestini possède une vision très précise de ce qu'il veut. En première mi-temps, Lausanne hérita en quelques minutes d'une succession de corners et de touches offensives. A chaque fois, quatre ou cinq joueurs lausannois ajustèrent leur position (monter, descendre, coulisser), selon la situation. Des tribunes, ce ballet parfaitement réglé - et efficace (le premier but de Nicolas Gétaz, dès la 1re minute de jeu, survint sur un corner) - donnait l'impression que chaque joueur savait ce qu'il avait à faire. Même sentiment de travail bien fait, individuellement cette fois, sur quelques frappes lointaines, celles où la défense dégage mal le ballon qui revient sur un joueur placé aux 16 mètres, à qui tout le public intime: «tire». L'un des gestes les plus difficiles en football, celui en tous cas où il y a le plus de déchet. Mais contre Wil, toutes ces situations aboutirent à des occasions de but.

Les réflexes du gardien allemand Patrick Drewes et la très grande prudence tactique du FC Wil, qui avait égalisé très vite en première mi-temps (André Santos, 8e), avait contenu Lausanne près d'une heure et semblaient devoir conduire au match nul. Durant la dernière demi-heure, Lausanne peinait à faire bouger le bloc adverse, qui avait pourtant perdu son chef de défense. Le but victorieux de Pak (88e, tête lobée à la réception d'un centre de Pasche), pour mérité et magnifique qu'il fut, n'en demeurait pas moins une heureuse surprise. Evoquer les lacunes lausannoises entrevues à ce moment-là (manque de vitesse et de percussion) eut le don d'agacer Fabio Celestini. «On maîtrise tout le match contre une équipe qui a les meilleurs joueurs du championnat et vous me dites qu'on a faibli dans la dernière demi-heure?»

L'incompréhension provient du fait que l'observateur de passage découvre une équipe classée première avec neuf points d'avance alors que l'entraîneur travaille au quotidien avec «un groupe de jeunes joueurs inexpérimentés et d'anciens qui, pour certains, n'ont pas rejoué depuis un an». «Vous voulez dire quoi? Que Margairaz est lent? Oui, il est lent, mais il a d'autres qualités.» Un peu calmé - en fait, il adore débattre de foot - Fabio Celestini se charge de replacer le débat dans son contexte. «Nous avons une équipe pour viser la quatre ou cinquième place, c'est Wil et ses 12 millions de budget qui veulent monter. Ce que nous faisons, c'est comme si Thoune était devant Bâle en Super League.» Deux équipes que Lausanne retrouvera peut-être la saison prochaine. «Si nous montons, il faudra nous renforcer, c'est évident. Mais avec six mois de travail en plus, cette équipe sera capable de proposer du jeu contre n'importe quel adversaire. Même Bâle.»

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