L'effervescence des derniers préparatifs bat son plein au stade de Coubertin à Lausanne pour la 7e édition de l'Urban Contest (concours international qui réunit tous les spécialistes de glisse urbaine). Les rollers, skates, trottinettes et autres engins à roulettes ont déjà pris possession du bord du lac, depuis le début de la semaine. Les plus férus s'entraînent sur la rampe permanente ou sur le double «mini pipe» installé pour l'occasion. Quelques ouvriers terminent encore la construction du «street» et du «half-pipe» (lire ci-contre). Qu'importe les nationalités et les langues, c'est la «glisse» qui rassemble. Pas besoin de beaucoup de paroles pour se comprendre. BMX et rollers s'amusent sur la demi-rampe.

La grande innovation du concours de ce week-end vient du mixage des différents sports urbains: skateboard, roller, longboard, luge de rue et microtrottinette. Les BMX et les motos «free style» trouvent également une place dans ce rendez-vous hétéroclite et offrent des démonstrations. Les organisateurs considèrent la réunion de toutes ces disciplines de glisse comme éducative. Rapprocher tous ces domaines permet une meilleure compréhension mutuelle. De toute manière, les critères et les infrastructures sont à peu près les mêmes, il y a donc toutes les raisons de les réunir. La difficulté à obtenir des autorisations donne de l'eau au moulin à cette tendance unificatrice, et «quand on peut pratiquer son sport dans des conditions optimales, autant en profiter», disent en chœur les responsables. Un tel regroupement permet aussi la mise en place d'infrastructures de plus grande envergure.

Sans compter que ces différents engins se ressemblent également dans leur composition. Ils sont tous composés de petites roues avec roulement à billes. Chacun de ces appareils permet de se déplacer, sans être considéré pour autant comme un véhicule. «On ne paye donc pas de supplément pour les transports publics», sourit David Lenoir, spécialiste de roller, préposé à la course populaire.

Pantalon large, casquette à l'envers et ample T-shirt: tous les jeunes du clan à roulettes se ressemblent. Mais les apparences sont parfois trompeuses. Une rivalité entre amateurs de roller et de planche à roulettes existe bel et bien. «Le rapprochement en est à ses prémices dans le domaine. Comme pour le ski et le snowboard, les deux finiront bien par s'entendre, il faut un peu de temps», explique Pascal Michelin, skater et responsable des relations avec la presse. Pour certaines disciplines, comme le «street», des détails divergents dans la composition des éléments posent problème aux puristes.

Chez les pros, la tendance va depuis longtemps vers l'entente cordiale et le fair-play. Aux yeux de Mouldi, fou de descente, célèbre à Lausanne, les plus touchés par cet «amalgame» restent les plus jeunes pratiquants: «Les adolescents aiment posséder des références étroites, l'ampleur du rassemblement diminue la possibilité de s'identifier à un groupe diversifié qui manque de repères précis.»

Ce qui n'empêche pas les «pèlerins» des roulettes de suivre les concours de l'été et d'admirer les spécialistes dans le monde entier. Il ne faudrait pourtant pas considérer ces pèlerinages comme des grandes réunions familiales. L'esprit clanique persiste dans chaque domaine (street, half-pipe, descente). Chaque spécialité est une petite «tribu», avec ses modèles, ses références et ses rites. Mouldi explique, par exemple, qu'«une embrassade marque le début de chaque épreuve de descente».

Petite dernière dans le monde de la compétition, la trottinette fait une arrivée discrète. Les spécialistes de rollers et de skates la perçoivent comme un jouet qui ne nécessite aucun apprentissage. L'Urban Contest lui permettra peut-être de se révéler.