Football

Pour le Lausanne-Sport, la lutte pour le maintien devient réalité

Battus à Saint-Gall (2-0), les Vaudois concèdent leur cinquième défaite consécutive. «Manque de spontanéité, d'enthousiasme et de personnalité», juge leur entraîneur Fabio Celestini

«Je n’ai aucune illusion là-dessus: les mêmes choses qui nous valent des louanges aujourd’hui nous seraient reprochées si nous étions septièmes du classement». C’était le 14 octobre dernier: à la veille d’un déplacement à Thoune, Fabio Celestini contemplait avec méfiance la Une du jour du «Blick» qui évoquait le «miracle» lausannois et le «magicien» Celestini.

Le promu était alors deuxième du classement, avec 17 points en 10 matchs. Cinq matchs plus tard, la prophétie de Fabio Celestini est en passe de se réaliser. Lausanne a toujours 17 points (en 15 matchs) et n’est plus le dauphin de Bâle. Si le LS n’est pas septième mais cinquième, c’est seulement grâce à une meilleure différence de buts que Grasshopper et son vainqueur du jour, Saint-Gall.

Cinquième défaite consécutive

Dimanche à l’AFG Arena, les Vaudois ont perdu pour la cinquième fois de suite (2-0). Avant, il y avait eu Thoune (1-0), Sion (0-2) et Lucerne (2-3) à la Pontaise, et le FC Bâle au Parc Saint-Jacques (2-1). La défaite contre Sion pouvait s’expliquer par l’absence de trois joueurs essentiels. Celles contre Lucerne et à Bâle furent rocambolesques: le LS menait 2-0 à un quart de la fin contre Lucerne et 1-0 à Bâle à la 89e minute. Rien de tout cela à Saint-Gall. «Manque de spontanéité, d’enthousiasme et de personnalité», a tranché Celestini.

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Alors arrive comme annoncé le moment où les qualités d’hier deviennent des défauts. Lausanne joue trop, prend trop de risques, s’expose face à des adversaires qui ont peut-être été surpris la première fois mais qui depuis ont trouvé la parade. Comme la cigale de la fable, le LS a chanté tout l’été. Mais voici qu’arrive le mauvais temps. Peut-on jouer à terre, dans les pieds, avec des petits gabarits et en privilégiant la vivacité, dans les bourbiers de cette fin d’automne? Pratiquer un football à l’espagnole dans des conditions climatiques dignes de Rostock ou Sunderland est-il un défi au bon sens?

Plus de force de caractère

Fabio Celestini a des convictions et n’en déviera pas. Le salut de son équipe, croit-il, passe par le jeu. «Ce que les autres te reprochent, cultive-le: c’est toi», a dit Jean Cocteau. Alors l’entraîneur le plus intéressant de Super League va creuser son sillon, cultiver son jardin. Mais il faudra désormais à ses joueurs une force de caractère supérieure. «Le problème de Lausanne, c’est qu’il va se retrouver à la lutte contre des équipes comme Saint-Gall, Vaduz ou Thoune qui sont habituées chaque saison à se battre pour sauver leur peau. Elles ont l’habitude, elles savent faire et vont au besoin se renforcer un peu cet hiver», pronostique Stéphane Henchoz, entraîneur assistant à Neuchâtel Xamax.

Il reste encore trois matchs à jouer avant la pause hivernale, dont un Vaduz-Lausanne au Liechtenstein le 10 décembre.

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