Les reprises de championnat de football sont toujours attendues avec impatience. Après plusieurs mois d'interrogations et de promesses, c'est l'occasion pour les équipes remodelées par le «mercato» de présenter enfin les nouveautés censées concrétiser un avenir radieux.

Autant le dire d'emblée: le spectacle proposé samedi soir à la Pontaise par Lausanne et Zurich ne prédit rien de tel. Dans les tribunes du stade lausannois, les 2200 spectateurs (!) ont probablement plus devisé du froid glacial que du jeu. Les deux buts inscrits en fin de rencontre n'y ont rien changé. Si ce n'est que le match nul arraché dans les dernières minutes par les Lausannois a permis aux deux entraîneurs, Victor Zvunka et Gilbert Gress, de se déclarer satisfaits. Le premier de la réaction d'orgueil de ses poulains, le second de ne pas avoir perdu à l'extérieur.

Jeu sans relief

Cette partie est donc à oublier. Et comme toutes informations demandent à être confirmées, il faudra attendre les prochaines sorties du Lausanne-Sports pour juger. Car l'intérêt de ce premier match du tour final pour le titre était bien là: savoir en quoi consisteraient les changements apportés par Viktor Zvunka, l'entraîneur qui a pris la place de Pierre-André Schürmann à la fin de l'année dernière. D'autant que sa réputation d'homme intransigeant, qui a bâti ses équipes sur une défense de fer, n'incitait pas beaucoup de monde à l'optimisme.

A l'exception des cinq premières minutes et de deux occasions pour le jeune attaquant Christophe Simon, titularisé au côté de Marcin Kuzba, les Vaudois ont confirmé que leur principal objectif était de ne pas prendre de but. De pressing, il n'y en eu point. De prises de risques offensifs pas beaucoup plus. La priorité a plutôt été donnée au maintien des deux lignes de quatre joueurs à mi-terrain. Deux barrages pour empêcher les Zurichois de développer des offensives dignes de ce nom.

Le déclic à 10

Mission accomplie. D'autant plus que les adversaires du jour ne font pas de l'offensive une règle de vie. Dans le plus pur style «Gress», les arrières zurichois ont multiplié les passes devant Marco Pascolo. Un jeu de «passes à dix» qu'Yvan Quentin, Sébastien Jeanneret et, surtout, l'expérimenté Urs Fischer semblent bien maîtriser. Ce scénario «alibi» a duré plus d'une heure. Suffisamment longtemps pour que l'on ne s'intéresse plus qu'aux tristes errances de l'arbitre Roland Beck.

Il faudra deux coups du sort pour que le match retrouve un peu d'intérêt. Le premier est ce nouveau ballon perdu par Olivier Baudry face à Yvan Quentin à mi-terrain. Une erreur dont profite David Pallas, un Suisse jeune et prometteur, pour déborder sur le côté droit avant de glisser en retrait pour Mikheil Kavelashvili. En pleine vitesse, le Géorgien adresse le premier vrai tir cadré. Eric Rapo repousse en deux temps, mais l'attaquant zurichois bien placé, ouvre la marque. Le second se déroule trois minutes plus tard, lorsque Olivier Baudry reçoit un second carton jaune pour avoir compté les neuf mètres réglementaires à la place de l'arbitre au moment d'un coup franc.

Paradoxalement, c'est à 10 que les Lausannois joueront le mieux. L'attentisme qui prévalait jusque-là s'est effacé et pour la première fois, les Vaudois sont allés vers l'avant, faisant reculer un FC Zurich dont l'arrière-garde pressée a perdu son aisance. «Ce résultat négatif a enlevé la peur qui tiraillait l'équipe», analyse Viktor Zvunka au terme de la partie. Les latéraux sont montés, Jean-Philippe Karlen s'est transformé en avant-centre et Massimo Lombardo a multiplié les centres. Il faudra toutefois un coup de pouce de la chance pour que Lausanne égalise dans les arrêts de jeu sur un tir dévié de Vagner Gomes, entré peu auparavant. Match nul et rien d'autre.

Quant aux enseignements, ils sont relativement maigres. Si ce n'est que Viktor Zvunka semble avoir compris 5 sur 5 le message de ses dirigeants: faire jouer les jeunes. Pour savoir si cette politique permettra à sa formation de jouer les premiers rôles, il faudra attendre. L'ombre de Pierre-André Schürmann n'a pas fini de planer sur la Pontaise.