La prochaine Coupe de l'America n'aura lieu qu'en 2003, mais déjà les restes fumants de FAST 2000, le Défi suisse lors de la précédente édition cet hiver à Auckland, suscitent les convoitises. Endetté de 3,8 millions de francs, le Défi morgien emmené par Marc Pajot pourrait en effet se défaire de son voilier be-hAPpy. Selon le quotidien Le Matin, Ernesto Bertarelli aurait manifesté son intérêt pour le rachat du bateau, toujours en Nouvelle-Zélande. L'industriel genevois, qui a annoncé ce printemps son engagement dans la prochaine Coupe de l'America, disposerait ainsi d'un voilier d'entraînement prêt à l'emploi.

Le rachat du bateau par le patron d'Ares Serono pourrait osciller entre 200 000 et 400 000 francs. Mais rien n'est fait, puisque les deux parties doivent encore se rencontrer pour finaliser un éventuel accord et que, toujours selon Le Matin, deux autres défis, l'un italien, l'autre australien, auraient également manifesté leur intérêt pour be-hAPpy. Une conférence de presse d'Ernesto Bertarelli, prévue pour le 7 septembre, devrait permettre d'en savoir plus sur le sort du voilier.

Si ce rachat devait se confirmer, il profiterait aux créanciers du défi morgien, qui verraient passer de 10 à 20% environ les dividendes prévus par le concordat. Mais il signerait par la même occasion l'arrêt de mort du défi morgien quant à une éventuelle participation en 2003. «La vente du bateau nous priverait de notre outil de travail. Sans be-hAPpy, le projet a peu de chance de repartir», déclare Hans-Uli Bernhard, un des principaux actionnaires de FAST 2000. Echaudés par le fiasco néo-zélandais, en effet, on voit mal les investisseurs potentiels jouer des coudes pour remettre à flot le Défi morgien.