Editorial

La Laver Cup doit rester une belle parenthèse

OPINION. Superbement mise en scène, la compétition créée par Roger Federer focalise l’attention du public sur les meilleurs et les meilleurs seulement. Une formule efficace, mais dangereuse si elle devait se généraliser

En coulisses, la question a divisé les tablées et animé les discussions de journalistes: la Laver Cup est-elle une prestigieuse exhibition ou une véritable épreuve sportive? Dès les premières balles frappées vendredi entre Dominic Thiem et Denis Shapovalov, le public a clairement tranché: cette opposition de deux sélections, l’une des meilleurs joueurs d’Europe, l’autre issue du «reste du monde», est une compétition qu’il veut voir. Et pour laquelle il est prêt à payer, même cher.

Après Prague et Chicago, Genève a répondu massivement à l’appel de Roger Federer. Des dizaines de milliers de billets vendus en quelques heures, des espaces VIP réservés à prix d’or, des tribunes pleines dès le premier match un après-midi de semaine: même à l’ère du sport business, ce ne sont pas des phénomènes très fréquents et donc il convient d’en prendre toute la mesure.