Que les amateurs de F1 se rassurent. Même si la première journée d'essais du Grand Prix d'Australie a ressemblé à s'y méprendre à n'importe quelle séance d'essais de la saison dernière, le championnat qui commence ce week-end comporte plus d'incertitudes qu'il n'y paraît. Les nombreuses modifications de la réglementation technique, et l'arrivée d'un deuxième manufacturier de pneumatiques, auront forcément une influence sur les résultats.

Il a suffi de quelques tours d'essais, vendredi matin sur le circuit de l'Albert Park, à Melbourne, pour que l'amélioration des performances consécutive au retour de Michelin en Formule 1 soit évidente. Ainsi, sept pilotes ont battu le temps de Mika Hakkinen qui avait valu au Finlandais de s'installer en pole position il y a un an, sur ce même circuit. Rubens Barrichello, le plus rapide à la fin de la journée, ayant même amélioré de près de deux secondes ce temps de référence.

Les responsables de la FIA (Fédération internationale de l'automobile) doivent aussi se féliciter d'avoir imposé de nouvelles normes aérodynamiques pour tenter de ralentir les monoplaces, au moins dans les virages. Avec un aileron avant plus haut de 50 mm et des ailerons arrière dont les appendices sont désormais comptés et limités, les voitures ont perdu beaucoup de leur appui aérodynamique. Sans cette mesure, les nouvelles monoplaces de la saison 2001 auraient sans doute amélioré les performances de l'an passé de plus de cinq secondes.

Les modifications du règlement technique ne s'arrêtent pas là. Les motoristes ont dû, cet hiver, se plonger dans les entrailles de leurs belles mécaniques. La FIA a en effet interdit l'utilisation de matériaux exotiques, et banni le béryllium. Ce métal était très utilisé par Mercedes et un peu par Ferrari pour rigidifier et en même temps alléger certaines pièces de leur V10.

Enfin, l'électronique va faire cette année un retour en force. Hélas, déplorent les puristes et les meilleurs pilotes. Mais l'autorité sportive en avait assez des suspicions qui pesaient parfois sur les performances de quelques Formules 1. A partir du Grand Prix d'Espagne, à la fin du mois d'avril, la libéralisation de l'électronique va remettre tout le monde à égalité. Mais il y a peu de chances que tout cela bouleverse l'ordre établi.