Habituellement quelqu'un de plutôt calme, Henri Stambouli, l'entraîneur du FC Sion, est hors de lui. La cause de son courroux? Le verdict prononcé jeudi soir par la commission de discipline de la Ligue nationale (LN) dans l'«affaire Pédat»: match à rejouer à huis clos à une date fixée par la LN, amende de 20 000 francs et obligation faite au FC Sion d'interdire pour une période de cinq ans l'accès au stade de Tourbillon à la personne ayant lancé, le 18 mars dernier, un pétard lors du match Sion-Servette (LT du 30 mars). Pour mémoire, le gardien genevois, Eric Pédat, avait été blessé à l'oreille par l'explosion de l'engin. Il avait dû quitter la partie quelques minutes plus tard. Son club avait alors déposé un protêt (LT des 19, 20 et 21 mars).

«Je ne pense pas que la décision prise par la commission servira à quelque chose, puisqu'elle pénalise mes joueurs – qui ne le méritent pas –, tout en n'attaquant pas le problème de la sécurité dans le stade», estime Henri Stambouli. Un avis derrière lequel se range aussi Blaise Piffaretti, le capitaine du FC Sion. «Rien n'est résolu dans cette histoire. Au contraire, je considère que le jugement prononcé va probablement envenimer les choses.»

Estimant parfaitement injuste que ce soient les joueurs qui se voient finalement punis, alors qu'ils sont innocents, les dirigeants du FC Sion ont décidé hier de recourir contre la décision de la commission de discipline. «Nous avons jusqu'à lundi pour le faire, explique Michel Schmid, directeur administratif du FC Sion. Puis, lorsque nous aurons reçu les considérants du jugement, nous rédigerons un mémoire.» En attendant, le club valaisan bénéficie de l'effet suspensif. Il retrouve les trois points au classement qui lui avaient été retirés par la LN jeudi soir. «Quelle que soit l'issue du recours, les cartons qui avaient été distribués le 18 mars resteront valables», conclut Michel Schmid.

Pas de jurisprudence

Reste une grande question: suspendus à Sion, il y a deux semaines, Martin Petrov et Alexander Frei pourront-ils être alignés par Servette si le match est rejoué? Aucune jurisprudence n'existe à la LN. «S'ils viennent avec Petrov et Frei, nous ne jouerons pas, promet Henri Stambouli. Les Servettiens ont déposé protêt en plaidant l'équité sportive (n.d.l.r.: l'équipe s'estimait diminuée par l'absence de Pédat en seconde mi-temps). Or maintenant, ils tirent avantage de la situation. S'il s'agit vraiment d'équité sportive, alors que Servette vienne sans ses deux attaquants. Et que le match soit disputé devant notre public. Autrement dit que tout se déroule dans les conditions initiales. Moins le geste imbécile du lanceur de pétard, bien sûr.»

Du côté du Servette FC, on n'entend pas épiloguer. «Nous considérons comme souveraine la décision de la commission de discipline et ne souhaitons pas philosopher sur celle-ci. Ce n'est pas nous qui avons jeté le pétard. L'incident est grave. Qui nous dit que nous n'aurions pas remporté le match (n.d.l.r.: 2-1 pour Sion) si Pédat n'avait pas été blessé?» «Mais Pédat – qui est un garçon honnête – n'était pas blessé, lance Henri Stambouli. Selon des personnes qui se trouvaient derrière le banc «grenat», ce sont les dirigeants genevois qui lui ont demandé de se coucher afin de profiter de la situation. C'est de la tricherie.»