«Borg mène trois jeux à un.» Ai-je bien entendu? Avez-vous bien lu? Oui. Borg. A Roland-Garros. Quarante ans après la dernière apparition du mythe, en 1981. Cette année-là, l’affiche du tournoi, prophétique, représentait un joueur de dos, une longue chevelure blonde enserrée dans un bandeau tricolore. Ce Borg qui transpire sur le court numéro 7 est blond, mais ses longs cheveux sont tenus par une casquette. Il est le fils du mythe.

Leo Borg a un visage fin, une tenue Fila, un revers à deux mains, un petit sourire ironique en coin et des épaules à la fois rigides et un peu voûtées qui rappellent son père. Il est né le 15 mai 2003 des amours de son père, Björn Borg, avec sa troisième épouse, Patricia Östfeldt. La maman est là, discrète, qui pianote sur son smartphone, sans doute le score, probablement à Björn. La veille, lors de sa victoire au deuxième tour sur l’Allemand Max Hans Rehberg, c’est l’ancien joueur Mansour Bahrami, un ami de la famille, qui jouait l’envoyé spécial. «Björn était content. Ce n’est pas un papa fou comme certains que je peux voir avec leurs enfants. Lui, il suit son fils de loin, il le soutient à fond et il ne veut pas qu’il ait de regrets», a expliqué l’ancien joueur franco-iranien à RMC.