Entre la décision d'introduire ou non des tests de détection de l'érythropoïétine (EPO) aux Jeux de Sydney, la première phase de sélection des villes candidates à l'organisation des Jeux d'été de 2008 et la dernière réunion de la commission exécutive avant Sydney, le siège lausannois du CIO sera animé, ces lundi et mardi.

Aujourd'hui, la commission exécutive doit éliminer les dossiers des villes requérantes qui ne donnent pas suffisamment de garanties pour accueillir les Jeux de 2008. Dix villes ont posé leur candidature: Bangkok, Kuala Lumpur, Le Caire, Séville, La Havane, Osaka, Paris, Pékin, Toronto et Istanbul. Depuis le dépôt des dossiers, le 20 juin, un groupe d'experts s'est penché sur l'épais questionnaire technique contenant les réponses qu'ont dû donner les candidats: 532 questions sur 19 thèmes. La commission exécutive du CIO sélectionnera entre trois et six villes pour le vote final, en juillet 2001 à Moscou. Cette procédure a été introduite lors de la session de décembre 1999, lors de laquelle les membres du CIO ont accepté de supprimer les visites aux villes candidates. Elle doit épargner des dépenses inutiles à des villes qui n'ont pas le profil requis et donc tenter de réduire les risques de nouveaux scandales de corruption, tout en permettant à la commission exécutive du CIO d'effectuer une première sélection à défaut du choix final, laissé à la session.

D'ores et déjà, ce premier écrémage risque de faire grincer des dents. Rien que l'Asie présente quatre candidatures, dont deux de poids (Pékin et Osaka). En outre, plusieurs candidatures sont représentées par un compatriote dans la commission exécutive du CIO, composée de dix membres plus le président Samaranch: Toronto (Richard Pound), Osaka (Chiharu Igaya), Pékin (Zhenliang He) et Séville (Juan Antonio Samaranch). Il est probable que les trois premières passeront le cap, accompagnées de Paris, voire d'Istanbul, qui se présente pour la troisième fois.

Mardi, la commission exécutive se prononcera également sur l'introduction ou non des tests de détection de l'EPO à Sydney. Le 1er août, un groupe d'experts scientifiques mandatés par le CIO a donné son feu vert à une méthode couplant le test français, basé sur l'urine, et le test australien, basé sur le sang. Une méthode loin d'être parfaite, comme l'affirment un certain nombre d'acteurs de la lutte antidopage (lire Le Temps du 25 août). Mais le CIO a la volonté d'aller de l'avant, et on voit mal sa commission juridique, réunie dimanche, et son exécutif revenir en arrière et doucher les espoirs à deux semaines du début des Jeux.