Dix ans après l'apparition de l'érythropoïétine (EPO, substance favorisant la formation de globules rouges) dans le cyclisme, la lutte contre ce fléau va connaître une avancée considérable. A compter de demain, un test de dépistage de l'EPO sera mis en œuvre par l'Union cycliste internationale (UCI). Il reposera exclusivement sur le test d'urine et constitue l'aboutissement aux longues études de recherches menées par le Laboratoire national de dépistage du dopage français de Châtenay-Malabry.

Attendu vainement pour le Tour de France 2000, et par la suite maintes fois repoussé, ce test a été enfin validé! Annoncée il y a un mois, la nouvelle a été confirmée hier au siège de l'UCI, à Lausanne. Par cette décision prise après consultation d'experts en hématologie, les instances internationales du cyclisme, mises à mal lors du procès Festina, espèrent porter un grand coup au dopage. A défaut de lui être fatal puisque les hormones de croissance, par exemple, circulent toujours dans le peloton. Même Jean-Marie Leblanc, le directeur du Tour de France, d'une nature pourtant optimiste, soulignait récemment qu'il est «probable que d'autres produits ont supplanté l'EPO».

Mais il faut rendre grâce à l'UCI, si souvent décriée, de ne pas s'être arrêtée au stade des bonnes intentions. Elle veut «encourager l'application de cette méthode», avec l'IAAF (son homologue de l'athlétisme) dans d'autres laboratoires, notamment ceux de Lausanne, Sydney, et Montréal (les championnats du monde 2001 d'athlétisme auront lieu en août à Edmonton). Il est même urgent que d'autres «labos» adoptent la procédure française. Car, aujourd'hui, la capacité d'analyse des instituts mentionnés (de plus, le cyclisme professionnel se rend rarement en Australie et au Canada…) sera «forcément limitée et insuffisante» pour détecter l'EPO au moyen des 6000 analyses demandées chaque année par l'UCI (13 000 si l'on ajoute les contrôles effectués par les différentes fédérations nationales).

Outre les flacons d'urines recueillis après la course, les contrôles sanguins seront maintenus avant le départ. Mis en place en 1997 dans le cadre de la prévention de la santé (en cas de taux «anormal», le sportif était uniquement soumis à un arrêt de travail de 15 jours), ils seront conservés à des fins d'investigation: un coureur dont le taux d'hématocrite est supérieur à 50% subira automatiquement le contrôle antidopage pour le dépistage de l'EPO. Premiers tests dimanche à la Flèche Brabançonne, en Belgique, et au… Tour du lac Léman.