Euro 2016

L’équipe de France, une sympathique évidence

Contre l’Allemagne, les Bleus ont confirmé qu’ils montaient en puissance. Ils aborderont la finale contre le Portugal en favoris, redevenus très fréquentables après des années de scandales

Les Bleus qui remportent l’Euro, cela tient de l’évidence. Depuis qu’ils ont battu l’Allemagne championne du monde jeudi soir à Marseille (2-0), et bien avant cela déjà. Lorsque la France organise une grande compétition, elle la remporte (Euro 84, Mondial 98). Egalement sacrée en l’an 2000, elle est championne d’Europe tous les 16 ans.

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Le Portugal, de son côté, n’a pas réussi à décrocher le titre en 2004 devant son public face à la surprise grecque. Les inconditionnels de la Seleção mis à part, ils sont peu à miser sur son succès, dimanche à 21 heures au Stade de France. Comme ils sont peu à souhaiter une désillusion aux hommes de Didier Deschamps.

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«Je constate que les gens portent le maillot de l’équipe de France comme jamais ils ne l’avaient fait dans le passé», s’est réjoui le président de la Fédération française de football Noël Le Graët dans un entretien au Parisien. «Peut-être qu’ils se retrouvent dans cette équipe sympathique et courtoise qui n’écrase pas ses adversaires.» Que l’enthousiasme du public français se réveille à mesure que son équipe nationale monte en puissance n’a rien d’une surprise. Mais l’élan de sympathie dépasse les frontières de l’Hexagone, comme en attestent les louanges de la presse internationale et du grand public après la qualification française pour la finale.

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Pas de dérapage

L’aspect purement sportif joue un rôle important. Dans le contexte d’un Euro très fermé, un peu morose, l’équipe de France s’est imposée comme la principale attraction offensive (13 buts marqués). Elle a aussi offert au tournoi, surtout animé par des équipes-sensation (Islande, Pays de Galles, les deux Irlandes), des visages: la star du premier tour (Dimitri Payet, 3 buts) et celle de la phase à élimination directe (Antoine Griezmann, 6 buts dont 5 depuis les huitièmes de finale). Et par-dessus tout, elle traverse la compétition le pied sûr, sans les «dérapages» qui ont rythmé son histoire depuis le tournant des années 2000.

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Pas de coup de boule (ni la moindre expulsion). Pas de grève (ni le moindre tracas dans la vie du groupe). La prétendue «sarabande» de Paul Pogba (un bras d’honneur lors du match contre l’Albanie) aura finalement moins questionné la santé du collectif bleu que le traitement réservé par les médias d’un pays à son équipe nationale, dans un drôle de match BeIn (qui n’a pas voulu diffuser les images du geste) versus L’Equipe (qui en a fait une affaire). Et la vie continue pour le mieux à Clairefontaine…

Fin de la disette?

C’était loin d’être gagné d’avance. Les mois précédant la compétition laissaient présager du pire. Secoué par l’affaire de la sex-tape de Mathieu Valbuena, déchiré par les non-sélections de Karim Benzema et, dans une moindre mesure, d’Hatem Ben Arfa, le pays s’est retrouvé autour d’une équipe qui joue, qui gagne (sauf contre la Suisse), qui sourit et qui blague (voir Patrice Evra et Paul Pogba s’interviewer l’un l’autre en italien devant la caméra de la télévision suisse-italienne après la victoire contre l’Allemagne). Qui (se) fait plaisir.

Que l’équipe de Deschamps-entraîneur triomphe et mette fin à une période de disette, comme celle de Deschamps-joueur en 1998 avant elle, apparaît désormais comme la suite logique des opérations. A vos paris? Minute: l’Islande, le Pays de Galles, l’Espagne balayée par l’Italie, les Pays-Bas à la maison et, même, l’équipe de France flottant en état de grâce après quatre semaines d’une grande compétition rappellent que le football se rit de l’évidence.

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