L’équipe de Suisse accueille l’Espagne dans le cadre de la Ligue des nations, ce samedi à 20h45. Ce match aurait dû être une fête du football, face à un adversaire prestigieux, dans ce chaudron que peut devenir le Parc Saint-Jacques en de telles occasions. Il n’en sera rien: 2020 n’est décidément pas l’année pour cela. Pandémie oblige, le public sera absent des tribunes bâloises. Et la Nati traverse une période sportivement très compliquée.

Après l’annulation de tout son programme jusqu’à l’Euro, repoussé de cet été au prochain, elle a disputé six matchs et n’en a gagné aucun. Il faut bien sûr nuancer le constat d’échec par l’identité des adversaires affrontés: l’Allemagne deux fois, la Croatie, la Belgique, l’Ukraine, l’Espagne. Aussi par la qualité du jeu présenté parfois, pas toujours. Mais il n’empêche que cette série noire la place dans une position délicate. L’équipe de Suisse de Vladimir Petkovic est menacée de déclassement.

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Depuis l’arrivée de l’ancien entraîneur de la Lazio en septembre 2014, elle a enchaîné les qualifications pour les grands tournois (Euro 2016, Mondial 2018, Euro 2020) de telle manière que cela lui paraît désormais acquis. Mais à accumuler les défaites, son statut vacille doublement.

Rencontres formatrices

D’une part, à l’heure actuelle, son classement FIFA la place dans le deuxième chapeau en vue du tirage au sort des éliminatoires de la prochaine Coupe du monde. Si elle ne redresse pas la barre, cela lui assure d’être en compétition avec un adversaire de tout premier plan au moins pour voir le Qatar en 2022.

D’autre part, si elle échoue dans sa quête de points immédiate contre l’Espagne et l’Ukraine, elle sera reléguée en deuxième division de la Ligue des nations. Elle y affronterait des adversaires moins prestigieux, se privant ainsi de ces si formatrices rencontres contre les meilleures équipes du monde. «Ce serait dommage, clairement, a admis Vladimir Petkovic ce vendredi en conférence de presse. Depuis que je suis à ce poste, nous avons toujours préféré affronter des équipes redoutables, au risque de perdre, plutôt que de nous contenter de formations vraiment à notre niveau.»

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Le sélectionneur est imperturbable. La succession actuelle de nuls et de défaites ne lui fait pas remettre en question la philosophie qu’il cherche à insuffler à son équipe. «Beaucoup de gens soulignent que nous jouons bien, mais nous traversons aujourd’hui une période où nous payons cash chaque erreur commise, souligne-t-il. Selon moi, nous devons insister avec notre style, tout en parvenant mieux à faire les choses différemment lorsque c’est nécessaire.»

«Badaboum»

Qu’est-ce que cela veut dire? Tolérer un bon «badaboum» devant de temps en temps, quand le pressing adverse se fait trop étouffant pour reconstruire proprement? Sans doute. «Mais il faut aussi dire que tout le monde se focalise de manière disproportionnée sur les erreurs défensives, alors que d’autres sont commises devant le but ou à mi-terrain. C’est aussi dans ces secteurs de jeu que nous devons réaliser des progrès», martèle Vladimir Petkovic.

Le sélectionneur est convaincu d’une chose: ce samedi, l’Espagne figurera encore au rang des formations qui sauront profiter de chaque «absence» de ses hommes. Le droit à l’erreur n’existera pas. Et même si aucune n’est commise, un bon résultat n’est pas garanti. «Si la Suisse et l’Espagne sont à 100%, l’Espagne a l’avantage, reconnaît-il. Nous devons amener 20% supplémentaires, faire davantage que ce que nous sommes habitués à faire pour nous en sortir.»

Il reste deux matchs à la Nati pour ne pas terminer l’année sans la moindre victoire. Cela ne lui est pas arrivé depuis 1998.