Hakan Yakin dépose le ballon sur la tête de Stéphane Grichting et le Parc Saint-Jacques hurle son soulagement. C’est fou comme un but, parfois, peut tout changer. Alors qu’elle s’acheminait vers un vilain match nul et vierge face à la Grèce, l’équipe de Suisse a débloqué la situation dans les dix dernières minutes d’un match crispé. Par Grichting, donc (83e), puis grâce à Marco Padalino sur un centre d’Alexander Frei (88e). Une victoire 2 à 0 qui ouvre aux joueurs d’Ottmar Hitzfeld les portes de la Coupe du monde en Afrique du Sud.

Alors qu’il lui reste trois matches à jouer – en Lettonie, au Luxembourg puis à domicile contre Israël – la Suisse compte désormais trois points d’avance sur la Grèce et la Lettonie au classement. Autant dire que le choc au sommet de samedi soir accouche d’une situation idéale avant le déplacement de mercredi à Riga. Mais ce scénario de rêve s’avère inversement proportionnel à la qualité du spectacle proposé.

Vu l’importance de l’enjeu et la propension limitée des deux équipes à créer, on ne s’attendait certes pas à un feu d’artifice offensif. Mais de là à imaginer une première mi-temps aussi fade, il y a un pas que les 38 500 spectateurs – payants – auraient souhaité ne pas franchir. Mis à part un tir inoffensif d’Alexander Frei (19e) et une accélération de Tranquillo Barnetta (41e), rien à se mettre sous la pupille. L’unique fait saillant intervient à la 43e, lorsque l’arbitre belge Frank De Bleeckere distribue un second carton jaune à Loukas Vyntra.

A onze contre dix, la Suisse continue toutefois à sécher en seconde période. Et comme les entrées en jeu de Eren Derdiyok (61e) et Hakan Yakin (68e) ne déstabilisent pas le bloc grec, on commence à se dire qu’une magnifique occasion est en train de filer sous les nez helvétiques. D’ailleurs, le public, plutôt discret jusqu’ici, se met à siffler. C’est alors que tombe un coup franc; puis le but qui change tout.