«Il n’y a pas de grande analyse à faire après un match comme celui-ci. Ce n’était pas vraiment du football…» Au bout de la partie gagnée par son équipe de Suisse contre Andorre sous une pluie diluvienne (3-0), Vladimir Petkovic était heureux du succès mais n’avait pas grand-chose à en dire. Avec du recul s’impose toutefois un constat: aujourd’hui, la Nati gagne les matches que son statut lui dicte de gagner. Il n’en a pas toujours été ainsi.

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Presque chacune de ses campagnes qualificatives récentes pour de grands tournois est entachée d’un mauvais résultat imprévu sinon invraisemblable, d’une contre-performance qui l’a placée au bord du gouffre quand elle ne l’y a pas précipitée.

En 2014, une défaite en Slovénie a bien failli lui coûter sa place à l’Euro français. Entre 2012 et 2013, elle a concédé des nuls contre Chypre, l’Islande (qui n’était pas encore ce qu’elle est devenue) et la Norvège (qui n’était plus ce qu’elle avait été). Comble de l’échec: en 2008, elle s’incline à domicile contre le Luxembourg dans la course vers le Mondial sud-africain.

«La meilleure équipe sur le terrain»

Après ses victoires inaugurales contre le Portugal et la Hongrie dans le groupe B des qualifications pour la Coupe du monde 2018 en Russie, six matches contre des équipes limitées attendaient l’équipe de Suisse. Elle devait gagner deux fois contre Andorre, les Iles Féroé et la Lettonie. Le pedigree de ces formations et la dynamique de la Nati incitaient à l’optimisme. Mais les embardées sportives qui ont perturbé sa route ces dernières années imposaient de ne pas s’emballer.

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Et voici qu’elle n’est plus qu’à un succès d’une copie parfaite assez inédite contre les «Petits Poucets» de son groupe. Il faudra l’obtenir dimanche soir à Riga (20h45 heure suisse). «Je dois avouer que je connais mal la Lettonie, souriait Denis Zakaria jeudi après son entrée en jeu contre Andorre. Mais ce que je sais, c’est que nous serons la meilleure équipe sur le terrain et que nous devons aller chercher un nouveau succès.»

Il ne sera pas encore synonyme d’une place au Mondial. Derrière la Suisse et son sans-faute, le Portugal pousse et balaie tous ses adversaires (5-1 jeudi contre les Iles Féroé). Mais à un mois d’affronter Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers, les hommes de Vladimir Petkovic sont toujours en mesure de débarquer à Lisbonne en position de force pour une qualification directe. Ce qui constituerait déjà une performance inédite.