Köbi Kuhn était impatient de pouvoir se faire une idée précise de l'état de ses troupes avant les deux rendez-vous capitaux – le 3 septembre face à Israël, le 7 à Chypre – qui attendent l'équipe de Suisse pour le compte des éliminatoires de la Coupe du monde 2006. Le sélectionneur national sera rentré satisfait d'Oslo, où ses joueurs se sont imposés (0-2) avec enthousiasme, talent et autorité, mercredi soir en match amical. Supérieure à son adversaire en matière d'organisation, d'esprit, d'envie et de qualité technique, la «Nati» a rassuré son coach et tous ses supporters. Après une première mi-temps relativement terne et équilibrée, elle a aisément pris le dessus face à des Scandinaves apathiques.

Les occasions de but ont été assez rares durant la première période. Le jeu helvétique, souvent à une touche de balle, était stoppé dans les derniers mètres par la défense norvégienne. Les Suisses ont surtout cherché la solution par des tirs de loin de Frei (18e) ou Yakin (36e). La Norvège quant à elle, procédait par des contres, mais seul Iversen inquiétait réellement Zuberbühler (41e), auteur d'une belle parade.

Comme souvent dans ce genre de rencontre, il fallait une balle arrêtée pour débloquer la situation. A la 50e, sur un corner de Hakan Yakin, Alexander Frei, laissé seul au centre de la surface, n'avait aucun mal à contrôler le ballon et à inscrire son 20e but en 36 sélections. Contraints de se découvrir, les Norvégiens laissaient des espaces, ce dont profitait remarquablement Tranquillo Barnetta à la 59e. Sa percée dans l'axe, après un relais avec Frei, se terminait en carambolage, Bergdolmo expédiant le ballon dans ses propres filets. Loin de se déconcentrer en raison de ce double avantage, la Suisse se procurait encore les meilleures occasions en fin de rencontre.

Si elle est à accueillir avec prudence – Israël se montrera sans doute plus redoutable le 3 septembre à Bâle que la Norvège mercredi soir –, la prestation de la «Nati» a de quoi réjouir Köbi Kuhn. Le Zurichois, dont la philosophie reçoit l'adhésion des joueurs, possède de plus en plus d'alternatives pour composer l'équipe la plus performante possible. Absent depuis près d'un an et demi, Marco Streller n'a certes pas effectué une rentrée fracassante. Mais l'attaquant de Stuttgart, remplacé à la mi-temps par un bon Johan Vonlanthen, devrait bientôt constituer un excellent soutien à Alexander Frei. Au milieu de terrain, si le retour de Hakan Yakin s'est avéré poussif et discret, la copie rendue par le jeune Tranquillo Barnetta a frôlé la perfection. Vif, entreprenant et brillant techniquement, le joueur du Bayer Leverkusen a crevé l'écran.

Autre point d'interrogation pour Köbi Kuhn, la charnière centrale – certes peu bousculée – a rempli sa mission. Associé à Philippe Senderos, qui s'affirme match après match comme l'un des meilleurs défenseurs centraux du continent, Patrick Müller a prouvé que sa mise à l'écart à Bâle ne devrait être que tempo raire.

Tout semble donc baigner dans l'huile pour l'équipe de Suisse avant les échéances de début septembre. Elle possède désormais un style, un collectif et un état d'esprit solides. Et comme elle reste sur une série d'invincibilité longue de quatorze mois et neuf rencontres depuis l'Euro 2004 – cinq victoires et quatre nuls –, la confiance est de mise pour la suite des opérations. Köbi Kuhn se réjouissait du voyage norvégien. Il n'a pas été déçu.