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Shaqiri, sauveur de la Suisse à la toute fin du match.
© LAURENT GILLIERON / Keystone

Coupe du monde

L’équipe de Suisse prend le chemin des huitièmes de finale

Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri ont marqué contre la Serbie pour renverser la vapeur après un début de match poussif. La Nati a maîtrisé son sujet et n’a plus qu’à confirmer mercredi contre le Costa Rica pour se qualifier

Une ouverture lumineuse de Mario Gavranovic pour un Xherdan Shaqiri comme on ne l’avait plus vu depuis longtemps sous le maillot national et à la 90e minute du match contre la Serbie, l’équipe de Suisse arrache la victoire.

C’est évidemment la meilleure chose qui pouvait lui arriver avant d'affronter, mercredi, un Costa Rica d’ores et déjà éliminé. Si elle enchaîne avec un nouveau succès ou qu’elle obtient un nul, elle atteindra les huitièmes de finale. Et même en cas de défaite, elle serait encore assurée de virer du bon côté de la barre si le Brésil s’impose contre la Serbie. Mais elle a évidemment tout intérêt à s’immuniser contre la glorieuse incertitude du sport en empoignant son dernier match avec ambition. Même si l’ambiance sera forcément moins explosive que vendredi à Kaliningrad.

Un contexte culturello-politique tendu

Autour du match contre la Serbie, certains avaient été tentés de construire un cadre dépassant largement le football. L’équipe de Suisse compte plusieurs joueurs d’origine kosovare, qui n’hésitent jamais à revendiquer leur double-culture, alors que la Serbie n’a jamais formellement reconnu la déclaration d’indépendance du pays, prononcée unilatéralement en 2008.

Dans ce contexte, le drapeau du Kosovo arboré par Xherdan Shaqiri sur le talon de sa chaussure droite (celui de la Suisse figure sur sa chaussure gauche) ou quelques propos de Granit Xhaka dans la presse albanophone ont pu être perçus comme des provocations, mais avant le match, ses acteurs avaient fait en sorte de calmer le jeu. «Ce qui m’intéresse, personnellement, c’est le football», déclarait le sélectionneur de la Serbie à la veille de la rencontre devant la presse internationale.

Retrouvez nos reportages hors des stades: A Kaliningrad, la promesse de l’ambre

Début de match catastrophique

Le football, donc. Satisfait, dans les grandes lignes, de la prestation livrée cinq jours plus tôt contre le Brésil, Vladimir Petkovic a choisi de reconduire le même «onze» de base pour affronter la Serbie qui, elle, avait battu le Costa Rica grâce à un magnifique coup-franc direct d’Aleksandar Kolarov, et repartait également avec une composition très similaire (un seul changement) et une motivation exaltée.

Dans les premières minutes du match, les hommes de Mladen Krstajic imposent un rythme que ceux de Vladimir Petkovic ont de la peine à suivre. Pire, ils laissent au coeur de leur dispositif des failles que leurs adversaires s’empressent d’exploiter. Par deux fois, dans la 5e minute de jeu, Dusan Tadic se retrouve libre de centrer depuis le flanc droit de l’attaque. Par deux fois, Fabian Schär se révèle incapable de contenir le grand (1m89) attaquant Aleksandar Mitrovic. Son premier coup de tête est écarté de manière spectaculaire par Yann Sommer, mais le portier suisse ne peut rien sur le second. La Nati n’est pas encore entrée dans son match qu’elle est déjà menée, et à nu: dans le jeu aérien, les Serbes se savent supérieurs. Ils tenteront tout au long du match d’en profiter.

Petit à petit, Xherdan Shaqiri et ses coéquipiers prennent leurs marques et le contrôle du cuir. Le petit attaquant n’est ailier que sur le papier; il est en fait laissé libre de ses mouvements et alterne entre une position excentrée et un rôle de meneur de jeu qui lui sied bien. Il donne quelques bons ballons, mal exploités.

Le missile de Granit Xhaka

Mais souvent, l’équipe de Suisse perd du temps dans d’interminables phases de passes sur sa ligne arrière, avec un Granit Xhaka pas décidé à chercher des intervalles entre les lignes. En première mi-temps, elle a 62% de possession de balle mais seulement neuf tirs (contre dix pour la Serbie) dont un seul cadré…

Le deuxième sera le bon. De retour des vestiaires, la Nati pousse avec un Xherdan Shaqiri omniprésent qui arme bien à la 52e. Sa frappe est contrée, mais le ballon revient dans les pieds de Granit Xhaka qui n’hésite pas. Son match à ce stade est moyen, mais le but est fabuleux. Il le célèbre en mimant de ses doigts l’aigle bicéphale albanais. La polémique n’est pas très loin…

Quelques instants plus tard, Xherdan Shaqiri n’est pas loin de marquer le deuxième, mais sa merveille de frappe enroulée heurte le coin de la cage de Vladimir Stojkovic. Il y aura encore quelques occasions franches, dont une belle frappe de Breel Embolo (82e) et une belle action conclue du pointu par Mario Gavranovic (84e). Mais il a toujours manqué un petit quelque chose, jusqu’à cette action inespérée de la 90e minute.

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