Quelle déception! L'équipe de Suisse a concédé le match nul contre le Pays de Galles (1-1), ce samedi à Bakou (Azerbaïdjan), lors de son premier match du Championnat d'Europe des nations. Ce résultat ne fait pas ses affaires avant d'affronter les deux équipes supposément les plus fortes du groupe A, l'Italie (ce mercredi à Rome) puis la Turquie (dimanche prochain à Bakou).

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Le partage des points est d'autant plus frustrant que la Nati avait tout pour bien faire et qu’elle avait su déployer ses pions de manière idéale. En première mi-temps, elle ne s'est pas impatientée face au bloc délibérément très bas des hommes de Robert Page. Ils avaient adopté pour stratégie d’attendre, en n’opposant pas le moindre pressing lorsque les défenseurs suisses étaient en possession du ballon, pour être en surnombre dans leur moitié de terrain et – possiblement – partir en contre à la récupération du ballon.

L’occasion ne s’est jamais vraiment présentée, car sous la direction du chef d’orchestre Granit Xhaka, l’équipe de Suisse ne s’est pas précipitée, essayant à gauche, essayant à droite, tentant une escarmouche au centre, et acceptant de se replier si cela ne passait pas. De fait, les chances de marquer furent timides, tandis que Haris Seferovic fut bien malheureux à la conclusion. Le buteur du Benfica Lisbonne s’est mis deux fois en bonne position avant de rater ses frappes (27e et 41e minutes de jeu) puis a manqué le cadre à cinq mètres, dans une situation certes un peu inconfortable, sur un service de Breel Embolo (45e+1).

Un recul coupable

Très en jambes, l’attaquant du Borussia Mönchengladbach a fait la différence en début de seconde période en provoquant un corner (frappe déviée par le gardien Danny Ward) puis en plaçant sa tête à la réception du service de Xherdan Shaqiri (49e). On pouvait alors espérer un scénario similaire à celui de la rencontre Italie-Turquie, ce vendredi, les Transalpins ne tardant pas à enfoncer le clou une fois la faille trouvée dans la muraille adverse (résultat final: 3-0).

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Mais alors que les protégés de Roberto Mancini sont repartis de plus belle à l’assaut après l’ouverture du score, ceux de Vladimir Petkovic ont reculé, cédant du terrain à des Gallois qui, cela paraissait évident, allaient devoir changer d’optique. Même si Xherdan Shaqiri ne s’était pas mis en évidence à ce stade, sa sortie peu après l'heure de jeu a aussi envoyé un drôle de signal.

«Avec ce changement, je pensais un peu à économiser Xherdan pour les prochains matchs, mais l’idée était aussi de stabiliser le milieu de terrain avec deux «numéros 8», a commenté le sélectionneur. En revanche, c’est vrai, pendant une quinzaine de minutes, nous avons évolué quinze à vingt mètres trop bas. Mais ce n’est pas que notre faute, cela découle aussi du travail de nos adversaires.»

But annulé

Celui-ci s’est concrétisé à la 74e minute de jeu, sur une tête de Kieffer Moore. «Ce n’est pas comme si nous avions concédé des tas d’occasions. Le Pays de Galles a simplement trouvé la faille sur une balle arrêtée», a encore dit Vladimir Petkovic.

Pour lui, le gros problème de la prestation de ses hommes fut le manque de réalisme offensif. 12 corners et 17 tirs (dont 4 cadrés) n’ont pas suffi à tromper Danny Ward plus d’une fois. Mario Gavranovic, qui venait de relayer Haris Seferovic, a bien pensé sauver la mise en marquant à la 85e minute de jeu sur son tout premier ballon, mais le but fut logiquement annulé pour hors-jeu après un recours à la vidéo. Très remuant, le joker de l’équipe de Suisse a voulu bien faire – presque trop: il fut signalé hors-jeu plusieurs fois encore. Mais son sens du but aura, une fois de plus, été remarqué.

On posait la question: Et si Mario Gavranovic était plus qu'un joker?

Un point n’a pas la même valeur pour tout le monde. Côté gallois, il faisait parfaitement l’affaire. «Je suis content, je félicite les gars, dont plusieurs disputent leur premier grand tournoi», a lancé l’ailier de Manchester United Daniel James. «Ce n’est clairement pas un mauvais résultat, nous avons montré beaucoup de caractère pour revenir», confirmait la vraie star de l’équipe, Gareth Bale. Côté suisse, on espérait mieux de ce match, personne ne s’en cachera. «Mais nous allons prendre cette unité et avancer, a soufflé Vladimir Petkovic. Maintenant, nous savons que nous jouons nos deux prochains matchs à l’extérieur...»

Peu de public

Le premier sera mercredi, à Rome, contre une Italie qui s’est montrée intraitable vendredi soir. Le suivant sera dimanche prochain, une nouvelle fois à Bakou, contre une Turquie qui fera converger vers le stade des dizaines de milliers d’Azerbaïdjanais qui la supportent.

Ce samedi, il y avait moins de 6000 personnes au Stade olympique, qui est susceptible d’en accueillir 32 000 sur les près de 70 000 places disponibles. «Cette affiche n’intéressait pas trop les habitants de la ville», nous glisse un journaliste azéri. Quant aux fans étrangers, il est légitime de penser que certains aient pu être retenus par les conditions de voyage plutôt compliquées. Cela n’a pas empêché les Gallois présents de chanter comme s’ils avaient gagné.