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Madison Hughes (Etats-Unis) est taclé par Rodrigo Etchart (Argentine) lors des JO de Rio de Janeiro. (Reuters/Phil Noble)
© PHIL NOBLE

JO 2016 

L'essai transformé du rugby olympique 

Intense, spectaculaire, festif, le rugby à 7 a fait une entrée remarquée au programme olympique. Récit d'une première journée plaisante, vivante et décontractée

Mardi 9 août à 11h04, heure de Rio, le Français Terry Bouhraoua a inscrit entre les poteaux le premier essai de l’histoire olympique du rugby à 7. Nonante-deux ans après la dernière présence d’un ballon ovale, lors des Jeux de Paris en 1924, une finale (à XV) d’une rare violence où l’on n’avait pas distribué que des médailles. Exclu des JO, le rugby n’y a retrouvé sa place qu’en 2009, sous sa forme la moins connue mais la plus apte à séduire de nouveaux publics.

Le rugby est de retour aux Jeux et cela se sent dès le train de banlieue qui conduit de la gare Central do Brasil à Deodoro. Les amateurs de bière ont pris la place des collectionneurs de pin’s. Des armoires à glace en tongs percent déjà les premières canettes, puma, coq, springbok ou fougère argentée sur la poitrine. Chris, son épouse maorie et leur fils sont venus spécialement d’Auckland. «On ne suit pas d’autres sports. On est déjà venu voir les filles, c’était bien, même si on a perdu en finale contre les Aussies.»

Ce mardi 9 août à 11h, c’est le tour des garçons. Au contraire d’autres compétitions par équipes étalées sur la quinzaine, le format du rugby à 7 est comme les passagers du train: compact. Matchs de poule et quarts de finale mardi et mercredi, matchs de classement et finale jeudi. Pour le prix d’un billet, les spectateurs ont pu assister mardi matin à six matchs (2x7 minutes chacun) en moins de trois heures. La France a d’abord surpris l’Australie 31-14, puis l’Afrique du Sud a écrasé l’Espagne (24-0), la Grande-Bretagne donné la leçon au Kenya (31-7), le Japon causé la première sensation en battant les All Blacks (14-12), l'Argentine battu in extremis les Etats-Unis (17-14) et les Fidji, le Brésil du rugby à 7, éteint le pays hôte (40-12).

Sur la pelouse du Deodoro Stadium, les matchs se succèdent sans temps mort. Les équipes entrent par une porte, sortent par une autre. Pas d’hymne. Les supporters ne quittent pas le stade. C’est vivant et décontracté comme un tournoi de sixte au mois de juin, mais exigeant comme un 800m où les concurrents auraient le droit de se plaquer au sol. Le jeu est extrêmement spectaculaire, intense. Le ballon ne sort quasiment jamais. Après chaque essai, rare moment de répit, les remplaçants ravitaillent leurs coéquipiers en eau fraîche.

A 7 contre 7, le rugby se concentre sur les aspects offensifs. Peu de travail d’avants, pas de jeu d’occupation au pied. «Défendre est encore plus dur physiquement que d’attaquer, alors on garde le ballon», explique le Français Terry Bouhraoua. Sur un grand terrain, mais avec moitié moins de joueurs, la répétition des efforts consument très vite les organismes. «Cela demande une morphologie très spécifique. Dans ce sport, les «quinzistes» bouffent trop de carburant», image Jean-Claude Skrela, chef de la délégation française et ancienne gloire du rugby classique.

On trouve toutefois aux JO deux authentiques stars du rugby mondial: le All Black Sonny Bill Williams, champion du monde à XV l’an dernier, et l’Argentin Juan Imhoff (Racing). Le premier s’est rapidement blessé et a déclaré forfait pour la suite, le second n’est entré qu’en fin de match contre les Etats-Unis. «Pas de problème pour moi, je suis un joueur comme un autre, explique Imhoff. Mes coéquipiers se connaissent bien, ont des automatismes, et les Etats-Unis possèdent un style de jeu vraiment très particulier.»

Les premiers résultats ont accrédité l’idée que le rugby à 7 est beaucoup moins «cadenassé» par le trio Afrique du Sud-Australie-Nouvelle Zélande que ne l’est son grand frère. «Nous avons raté notre premier match mais le Kenya a déjà gagné une étape du circuit mondial à Singapour cette année. Chez nous, ce sport est en plein essor», souligne Collins Injera en zone mixte. «Le rugby à 7 sera bientôt un grand sport mondial», affirme Jean-Claude Skrela.

A la fin de la première série de matchs, attendant la session de l’après-midi, tout le monde se retrouve autour des bars. Il est 13h30 et des plaques de vomi balisent déjà les abords du stade. Pas de doute: le rugby est de retour aux Jeux.

 

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