Vedette

L’étrange saison de Cristiano Ronaldo

L’attaquant de 34 ans a connu une année mouvementée, entre son transfert à la Juventus, une pause dans sa carrière internationale et des accusations de viol. Mais il sera sur le terrain ce mercredi contre la Suisse

Cristiano Ronaldo sera le principal atout de l’équipe du Portugal, ce mercredi soir contre la Suisse. «Evidemment», serait-on tenté d’écrire, tant la star née sur l’île de Madère a habitué le monde du football à son insatiabilité de matchs, de buts, de victoires, de titres. A sa volonté de jouer sur tous les tableaux jusqu’à ses 40 ans passés, ainsi qu’il l’a déjà évoqué.

Longtemps, il aurait été impensable qu’il se prive de l’opportunité de disputer sa dixième phase finale d’une compétition internationale avec sa Seleçao (après quatre Euros, quatre Coupes du monde et une édition des Jeux olympiques) et de soulever un deuxième trophée (après l’Euro 2016), qui plus est à domicile. Mais cette saison, tous les doutes étaient permis. Elle n’a ressemblé à aucune autre pour le quintuple Ballon d’or, transféré à la Juventus, accusé de viol aux Etats-Unis et surtout absent du cadre de l’équipe nationale pendant neuf mois.

261 jours sans «CR7»

Cristiano Ronaldo n’a pas joué pour le Portugal entre son élimination en huitièmes de finale de la Coupe du monde en Russie contre l’Uruguay le 30 juin 2018 et un match des éliminatoires en vue de l’Euro 2020 contre l’Ukraine le 22 mars 2019. 261 jours pendant lesquels il a manqué deux matchs amicaux et quatre rencontres en Ligue des nations; 261 jours pendant lesquels les supporters se demandaient si leur vedette allait finir par revenir.

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Raison officielle de son absence, concertée avec la fédération et le sélectionneur Fernando Santos: son désir de se concentrer sur son acclimatation à Turin, où la Juventus a déboursé 105 millions d’euros pour l’arracher au Real Madrid l’été dernier. Il y a réalisé une saison à rendre jaloux presque n’importe quel joueur (43 matchs, 28 buts, 13 passes décisives toutes compétitions confondues), bien qu’en deçà de ses propres standards récents. Au moment de son retour sous le maillot national, il a affirmé avoir enfin eu le temps de se faire à la vie en Italie.

Mais ses «vacances» de sélection coïncident aussi avec les pires moments de la tempête médiatique qu’il a traversée l’automne dernier, suite aux accusations d’une Américaine à son encontre. Les faits remontent au mois de mai 2009. La victime présumée et le footballeur portugais ont une relation sexuelle dans un hôtel de Las Vegas, forcée selon elle, consentie selon lui. Mais il accepte tout de même de lui verser 375 000 dollars pour qu’elle retire sa plainte et garde le silence, un accord sur lequel elle se décidera à revenir des années plus tard, dans le sillage de l’affaire #MeToo.

Objectif 2022

L’histoire n’est pas finie. La justice américaine attend de Cristiano Ronaldo qu’il lui fournisse son ADN, ce qui n’aurait pas encore été fait, et la Juventus organisera cet été une tournée en Asie plutôt qu’aux Etats-Unis, où elle avait l’habitude d’aller ces dernières années mais où son attaquant aurait pu être inquiété par les autorités. Simple volonté de varier les destinations, a affirmé le club au New York Times, qui a révélé le projet.

En attendant, la popularité de «CR7» paraît intacte au Portugal, où supporters et médias ont accueilli son retour en équipe nationale comme celui d’un roi. Après avoir laissé planer les doutes sur son avenir, il le leur rend bien. Celui qui compte déjà 156 apparitions avec la Seleçao a déclaré ce printemps qu’il sera encore là pour l’aider à se qualifier pour la Coupe du monde 2022. Toujours insatiable: il est dans les temps pour voler le record du nombre de sélections en équipe nationale à l’Egyptien Ahmed Hassan (184).

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