Vladimir Petkovic sera-t-il toujours l’entraîneur de l’équipe de Suisse au lendemain de l’Euro 2020?

La question flottait dans l’air, ce lundi, au siège de l’Association suisse de football (ASF) à Muri, près de Berne. La convocation envoyée aux médias était pourtant claire quant aux sujets du jour: le bilan de l’année 2019 et le programme de la Nati en vue du grand événement de l’été prochain. Mais depuis que sa qualification a été assurée, mi-novembre, le débat fait rage. Une bonne partie de la presse alémanique pense qu’il est temps de tourner la page Petkovic. D’autres observateurs, dont Le Temps, qui y a consacré un éditorial la semaine dernière, estiment que le technicien de 56 ans est encore l’homme de la situation.

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Le directeur des équipes nationales, Pierluigi Tami, savait qu’il n’y couperait pas, alors il a anticipé la question. En répondant, en gros, qu’il ne pouvait pas encore y répondre. «Mon objectif est que les choses soient claires le plus vite possible, a-t-il assuré. Si cela pouvait être avant le mois de février, c’est-à-dire avant les premiers matchs de l’équipe de Suisse en 2020, ce serait parfait, car tout le monde pourrait alors se concentrer sur la préparation de l’Euro.» Et de résumer le processus de sélection du sélectionneur: «Je dois faire une proposition au comité de la Swiss Football League [SFL], qui à son tour envoie une recommandation au comité de l’Association suisse de football, qui tranche.» Une partie de ping-pong qui, forcément, «prend du temps». Mais, a-t-il assuré, «Vlado est mon premier choix, et je n’ai parlé à personne d’autre».

La carte jeune

Le visage de l’intéressé est resté impassible pendant que Pierluigi Tami s’exprimait, puis ses mots prudents lorsqu’il a été relancé sur le sujet: «Il y a eu un premier échange positif, qui en appelle d’autres. Mais on sait comment va le football, il peut y avoir des rebondissements. Je ne veux pas vous dire aujourd’hui que nous allons trouver un accord si je risque demain de devoir annoncer que nous n’y sommes pas parvenus.»

L’ASF pourrait être tentée de confier la Nati à un autre entraîneur. Mais Vladimir Petkovic pourrait aussi avoir l’envie, à 56 ans, dont six sur le banc de l’équipe de Suisse, de changer d’air. A-t-il seulement envie d’une prolongation de contrat?

La manière dont il a retracé le chemin parcouru depuis l’élimination de son équipe en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2018 laisse penser qu’il n’en a pas fini. Le sélectionneur a insisté sur le caractère de révolution perpétuelle qu’il cherche à insuffler à son équipe, en intégrant très tôt les jeunes joueurs qu’il pressent comme de futurs cadres du vestiaire de la Nati. En 2019, il a fait appel à 29 footballeurs différents, dont trois seulement de 30 ans ou plus (le gardien Yann Sommer, les défenseurs Timm Klose et Stephan Lichtsteiner). Les autres ont pour moitié entre 25 et 30 ans, «l’âge idéal, où vous avez déjà de l’expérience, mais encore beaucoup d’appétit», pour moitié moins de 25 ans, histoire entre autres de soigner au mieux leur intégration. «Mais nous avons vu lors de nos derniers matchs décisifs que certains très jeunes joueurs pouvaient saisir leur chance et déjà apporter des choses importantes à l’équipe.»

«Step by step»

Le Tessinois est apparu particulièrement fier d’avoir offert leurs premières sélections à cinq néophytes durant une année dense (douze matchs officiels), tout en menant la Nati vers la première place de son groupe qualificatif pour l’Euro 2020. Difficile d’imaginer en l’entendant parler qu’il n’a pas envie de poursuivre l’aventure.

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L’ASF, la SFL et l’intéressé exposeront leurs arguments, leurs revendications et leurs conditions ces prochaines semaines, jusqu’à signer un nouveau contrat (ou non) avant, au plus tard, la fin du mois de mars 2020. La Nati s’envolera alors vers le Qatar pour commencer sa préparation avec deux matchs de prestige contre des adversaires à définir parmi la Belgique, la Croatie et le Portugal. Fin mai, elle se réunira à Bad Ragaz (Grisons) durant deux semaines entrecoupées de matchs contre l’Allemagne (le 31 mai à Bâle) et le Liechtenstein (le 4 juin à Saint-Gall). Elle s’envolera vers Bakou, où elle commencera son Euro contre le Pays de Galles, le lundi 8 juin. Son camp de base officiel pendant le tournoi se situera toutefois à Rome, où elle affrontera l’Italie lors de sa deuxième partie avant de retourner en Azerbaïdjan défier la Turquie. Objectif de l’équipe de Suisse lors de cet Euro, Monsieur Petkovic? Il sourit avant de répondre: «Step by step.»