Un assureur viennois propose une couverture anti-casseurs dans les quartiers où se tiendra l'Euro 2008. En Suisse, la peur des débordements est visiblement moins grande: les assurances ne voient pas de besoin spécifique dans ce domaine.

Ceux qui craignent que l'Euro ne se cantonne pas à une grande réunion festive peuvent se rassurer. Et s'assurer. Pour 36 euros (pas tout à fait 59 francs), une assurance viennoise propose une couverture contre les débordements liés à la compétition à hauteur de 10000 euros (environ 16300 francs).

Les restaurants et les bars peuvent également respirer face aux dégâts attendus. Les objets tels que les tapis, tables ou chaises seront assurés du 1er juin au 1er juillet contre les actes de dégradation. L'offre rencontre un vif succès, selon Wolfgang Petschko, directeur opérationnel de la société Wiener-Städtische-Versicherung. «Plus on s'approche de l'Euro, plus la demande augmente», déclare-t-il.

S'assurer contre le vandalisme est possible dans toute l'Autriche. Les demandes se concentrent logiquement dans les villes où se tiendront les matches, en particulier les quartiers proches des stades qui pourraient être le théâtre de débordements à l'issue des rencontres et durant les troisièmes mi-temps.

L'exemple du Mondial

L'idée de développer une assurance contre le vandalisme est apparue après les dégâts survenus principalement dans les magasins lors de la Coupe du monde en Allemagne en 2006. «Suite à cela, les premières demandes que nous avons reçues l'an dernier provenaient de commerçants inquiets», explique Wolfgang Petschko.

De manière générale, l'assureur ne s'attend pas à faire face à de gros dommages: «Il y aura de petits dégâts, leur nombre indiquera si notre offre est rentable ou non.»

En Suisse, les assureurs n'ont pas été confrontés à la même demande et ne vendent pas de contrats spécifiques à l'Euro. Peut-être parce que les commerçants sont déjà largement assurés. «Nous n'avons pas proposé de nouvelles offres couvrant les actes de vandalisme pour les magasins ou les voitures, explique Sonja Giardini, de la Zurich Assurances. Mais ces risques sont déjà compris dans certaines couvertures.» N'y a-t-il pas de demandes spéciales pour l'Euro? «Seulement de la part des médias.»

Même son de cloche du côté de Peter Marthaler, porte-parole de La Mobilière, qui n'a pas mis sur le marché de nouveaux produits: «Nous proposons déjà une couverture contre les troubles civils et la malveillance. Mais nous avons peu de nouvelles demandes car les boutiques exposées sont souvent déjà assurées. Nous n'avons vendu que quelques contrats qui ne couvrent que la durée de l'Euro. Il s'agit par exemple de clubs qui pratiquent une activité spéciale pendant l'Euro en montant une tente et un écran géant.»