L’équipe de Suisse féminine de football avait tout pour bien faire contre la France. Une Ramona Bachmann des grands soirs, virevoltante, inspirée, provocatrice. Un avantage numérique dès la 17e minute de jeu, après l’expulsion d’Eve Périsset. Un avantage au score pris une minute plus tard, grâce à une tête d’Ana-Maria Crnogorcevic. La Nati n’avait plus qu’à le défendre une heure, à onze contre dix, pour atteindre les quarts de finale de l’Euro aux Pays-Bas, et son objectif officiel par la même occasion.

Les Bleues étaient favorites. Elles avaient le ballon. Mais, finalement, peu d’occasions de but. Après une défaite rageante contre l’Autriche (1-0) et une victoire à l’arraché contre l’Islande (2-1), la Suisse semblait en mesure de tenir la France en échec jusqu’au bout. Problème: un avantage d’un but est fragile. Il suffit d’une petite erreur individuelle pour le briser. Comme celle de la gardienne Gaëlle Thalmann à la 77e minute de jeu. Sur un coup franc de Camille Abily, la Bulloise est un peu en retard. Sa main n’est pas assez ferme. Le ballon rentre. Avec un score de 1-1, ce sont les Françaises qui se qualifient.

Quelque chose d’injuste

Pour Gaëlle Thalmann, cela a quelque chose de profondément injuste. La portière avait, en première période, réalisé deux parades décisives. Tout au long du tournoi, elle avait fait preuve de sérénité et de solidité. Contre l’Islande, touchée à la tête, elle avait préféré se faire soigner à même la pelouse pendant une dizaine de minutes plutôt que de céder sa place. Mais contre la France, sa légère erreur d’appréciation aura sonné le glas des espoirs suisses. C’est cruel. Mais c’est le sport.

Il restait bien sûr un peu de temps à jouer, mais les Bleues – si elles ont reculé – sont restées solidaires et n’ont pas ouvert d’espaces. Au bout des arrêts de jeu, les Suissesses obtenaient un bon coup franc mais la frappe de Ramona Bachmann était trop centrée pour être véritablement inquiétante. Au coup de sifflet final, les visages étaient fermés. «On a fait un bon match, on peut être fières de ce qu’on a fait, pestait la capitaine Caroline Abbé (sur le banc contre la France) au micro de la RTS. On ne rate pas la qualification ce soir mais sur le premier match perdu contre l’Autriche, qui nous aura été fatal…» L’équipe de Suisse termine le premier Euro de son histoire aux portes des quarts de finale, sur une note amère.