La Suisse a commencé le Championnat d’Europe espoirs en battant l’Angleterre, qui figure au rang des équipes favorites de la compétition. Aux louanges de la plupart, quelques oiseaux de mauvais augure répondaient que la Nati avait été éliminée de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud dès la phase de groupes, après avoir battu les futurs champions espagnols lors de son premier match…

L’histoire a validé ces sarcasmes. Les hommes de Mauro Lustrinelli ne verront pas les quarts de finale de la compétition, éliminés après leur défaite ce mercredi contre le Portugal (3-0). Leur prestation n’aura pas été irréprochable, mais laissera moins de regrets que le revers précédent contre la Croatie. Alors, les erreurs individuelles avaient plombé toutes chances de remporter une partie pourtant à portée. Les espoirs lusitaniens, eux, sont restés sans la moindre difficulté apparente dans le contrôle. Ils ont paru tout simplement meilleurs.

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Il fallait souffler

Il faut dire aussi que la Suisse n’aurait pas pu débuter plus mal. L’horloge ne tourne que depuis 150 secondes quand Vitinha trouve la tête de Diogo Queiros qui, seul au cœur de la surface de réparation, peut inscrire le 1-0. La Suisse avait-elle l’intention, comme contre l’Angleterre, d’attendre son adversaire, de l’épuiser, puis de le surprendre au gré d’un contre? On ne le saura jamais. Ce but encaissé tôt change la donne. Le Portugal, assuré de sa qualification pour les quarts de finale quel que soit le résultat, n’a vraiment plus aucune raison de se découvrir.

La Nati, elle, sait qu’elle ne peut pas se permettre de perdre. Un nul pourrait lui suffire, oui, en cas de victoire de l’Angleterre contre la Croatie dans l’autre partie du groupe. Les hommes de Mauro Lustrinelli l’apprendront sans doute avec un petit décalage mais à la 12e minute de jeu, Eberechi Eze transforme un penalty qui les arrange bien. Si la Suisse égalisait, elle serait virtuellement du bon côté de la barre.

Problème: elle est loin du compte. Le Portugal la prive de ballon. Et quand elle le récupère enfin, elle peine à en faire bon usage. Incapable de changer de rythme. De prendre de vitesse l’adversaire. Au cœur du jeu, Kastriot Imeri ne démérite pas mais les fulgurances de Bastien Toma, resté sur le banc, feraient du bien. En plus de l’ancien joueur du FC Sion, Mauro Lustrinelli se passe d’Andi Zeqiri, Jérémy Guillemenot ou encore Cédric Zesiger. On ne dispute pas trois rencontres en sept jours sans permettre aux hommes de souffler, mais les tauliers font un peu défaut.

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A leur propre jeu

En fin de première période, la Nati parvient à s’inviter un peu plus régulièrement dans la moitié de terrain adverse. Ses tentatives timides demeurent toutefois lointaines et surtout non cadrées (un coup franc d’Imeri, une frappe de Ndoye).

Après la pause, la reprise est encourageante: un peu plus de mouvement, de possession, de danger porté devant la cage adverse. Deux corners sont obtenus. Mal tirés. Mais les Suisses ne baissent pas les bras et pressent haut. Se sont-ils rendu compte qu’ils s’exposaient à se faire prendre à leur propre jeu? A l’heure de jeu, le Portugal se projette rapidement vers l’avant. En trois passes, la balle arrive dans les pieds de Francisco Trincão qui n’a plus qu’à la pousser au fond. Le coup est rude. Le 3-0 de Francisco Conceição tombe dans la foulée. Il reste plus de vingt minutes à jouer mais les espoirs s’éteignent.