Bâle tremblera jusqu'à la clôture du marché des transferts, le 31 juillet à minuit, avant d'avoir la certitude que personne ne viendra le spolier. Malgré sa brillante carrière européenne, malgré les honoraires princiers qu'il attribue à ses joueurs, le FCB reste à la merci d'un exil doré de ses vedettes. Scoot Chiepperfield, un moment dans les bons papiers du Paris SG, et Hakan Yakin, approché par une meute de courtisans, n'ont pas quitté le pays. Mais le suspense reste entier.

Ce petit miracle, Bâle le doit pour beaucoup à Gigi Oeri, dont les largesses couvriraient la moitié du budget. Désormais, la dame excentrique, elle-même ancienne footballeuse, participera activement aux transferts. «Faute de Ligue des champions, nous chercherons à remporter la Coupe UEFA», annonce la milliardaire…

L'exception bâloise semble durer. Mais c'est bien Grasshoppers qui, cette saison, sera le principal ambassadeur du football suisse. Ses compétences, son réseau de recruteurs, ses connexions avec les milieux de la finance zurichoise lui seront d'un précieux secours au moment où, lassés, ses deux bailleurs de fonds l'abandonnent. Rainer Gut (Nestlé, ex-Credit Suisse Group) et Fritz Gerber (ex-Roche) ont rendu leur paquet d'actions. En quatre ans, ils ont injecté quelque 70 millions de francs dans le club, 18 pour prendre le contrôle, 29 pour l'assainir, et 23 pour élever son train de vie.

Leur départ n'a pas permis un recrutement adéquat. Au contraire, malgré la perspective exaltante de – peut-être – disputer la Ligue des champions, GC n'a pu empêcher Riccardo Cabanas de lui préférer Guingamp, et redoute maintenant de perdre son buteur Richard Nunez, sorti d'un anonymat commode par une première sélection en équipe d'Uruguay.

La situation évolue rapidement. Plus que jamais, GC aura besoin de la Ligue des champions, des regards qu'elle détourne et des recettes qu'elle génère, pour continuer d'exister.