C'est désormais acquis: la bataille pour le siège de l'Agence mondiale antidopage (AMA) se jouera entre Lausanne et Montréal. Les chances sont a priori bonnes pour la capitale vaudoise. Outre les voix du mouvement olympique, elle bénéficiera de celles de l'Union européenne qui défendra ses couleurs faute d'avoir pu s'entendre sur une candidature unique.

Pour l'Union, les jeux sont faits. Aucune des trois villes en compétition – Bonn, Vienne et Stockholm – ne réussira à s'imposer, faute de soutien politique. «Elles n'ont aucune chance, il n'y a pas eu de lobbying, et il est trop tard pour s'y mettre», confie, dépitée, une source informée à la Commission européenne.

Les Quinze se sont révélés incapables de s'entendre sur une candidature unique. Ils clamaient haut et fort en novembre dernier leur volonté de parler d'une seule voix pour briguer le siège de l'institution chargée de promouvoir et coordonner la lutte contre le dopage au niveau mondial. Les belles déclarations sont restées lettre morte. «Personne n'a pris la chose en main, se désole le même responsable sous le couvert de l'anonymat. Tout le monde était prêt à soutenir une ville européenne, pourvu que ce soit la sienne.»

L'Europe n'en est pas

à un revirement près

Ironie du sort, Lausanne profitera de ce cafouillage européen. Faute d'avoir réussi à accorder leurs violons pour défendre une de leurs villes, les Quinze se préparent à plaider la cause du chef-lieu vaudois. Un comble: ils s'y opposaient jusqu'ici en invoquant la proximité avec le Comité international olympique. Mais l'Europe n'est pas à un revirement près. «Surtout, confie notre source, s'il faut choisir entre Montréal et Lausanne, le choix se portera sur une ville européenne.»

Pour autant, la capitale vaudoise n'est pas assurée de l'emporter. Le poids de l'Union dans les instances dirigeantes de l'AMA est tout relatif. Elle dispose de deux sièges (l'un pour la présidence en exercice, l'autre pour la Commission de Bruxelles) sur les 35 que compte le conseil de fondation de l'Agence, composé à parité de responsables politiques et du monde sportif.

Mais aux deux voix européennes viendront s'ajouter celles des deux délégués du Conseil de l'Europe. Une bonne partie des 17 représentants du mouvement olympique devrait également soutenir la candidature vaudoise lors du vote du conseil de fondation prévu pour juillet. Et on peut compter sur l'Europe pour user de son influence afin d'inciter les pays d'Asie et d'Afrique à faire de même. Reste à voir si ce soutien inopiné des Quinze sera suffisant pour faire pencher la balance en faveur de Lausanne.