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Lewis Hamilton a remporté dimanche au Mexique le titre mondial des pilotes de Formule 1 pour la quatrième fois de sa carrière. 
© EDGARD GARRIDO / Reuters

Formule 1

Lewis Hamilton dans les roues de Fangio et Schumacher

Sacré champion du monde pour la quatrième fois dimanche soir au Mexique, le pilote anglais imprime toujours plus sa marque dans les annales de son sport

Ironie du destin, c’est en signant le plus mauvais résultat de sa saison que Lewis Hamilton, neuvième du Grand Prix du Mexique, est devenu dimanche champion du monde de Formule 1 pour la quatrième fois. Ce n’est sans doute pas ainsi qu’il se voyait franchir les portes de la gloire.

A 32 ans, l’Anglais fait mieux que son idole Ayrton Senna et que le record britannique de Jackie Stewart (3 titres). Il rejoint son rival Sebastian Vettel ainsi qu’Alain Prost (4) et se place dans les roues de Juan Manuel Fangio (5). Il peut même rêver du record de Michael Schumacher, 7 titres, qui en comptait le même nombre au même âge. «Quand je rêvais de F1, je n’aurais jamais imaginé atteindre un jour ce niveau», s’est émerveillé Hamilton.

Une obstination féroce

Cet accès de modestie ne lui ressemble guère. Ce n’est pas que Lewis Hamilton ne rentre plus dans son casque, plutôt qu’il n’a eu de cesse depuis qu’il pilote de viser l’excellence, d’être le meilleur. Quand tant d’autres gentlemen drivers anglais se sont contentés de le devenir une fois (James Hunt, Nigel Mansell, Damon Hill, Jenson Button), lui s’est efforcé de l’être encore et encore, quitte à parfois mordre la ligne blanche du fair-play.

Cette obstination féroce, implacable, s’exprime dans les statistiques. En dix ans de carrière, Lewis Hamilton a disputé 206 Grands Prix. Il en a remporté 62 et s’est classé 116 fois dans les trois premiers. Michael Schumacher a fait mieux en données brutes (91 victoires, 155 podiums) mais moins bien en données relatives: 30,1% de victoires et 56,3% de podiums pour l’Anglais, 29,6% et 50,5% pour l’Allemand. En ayant pris le départ de 101 GP de moins, Lewis Hamilton compte déjà quatre pole positions de plus que la référence «Schumi» (72 contre 68).

Ces statistiques ne permettent qu’imparfaitement de comparer les époques. Il y a aujourd’hui plus d’épreuves au calendrier (20 cette saison, contre 16 dans les années 1980-1990) et plus d’écart entre les quelques écuries de pointe et le reste du peloton. La Formule 1 est devenue un milieu hyper-professionnel où une petite marge fait durablement une grosse différence. Une seule fois Lewis Hamilton a manqué le titre alors qu’il disposait de la meilleure voiture: en 2016, année du sacre de son équipier Nico Rosberg.

«Je veux le cinquième»

Les temps modernes sont sévères avec les pilotes actuels, souvent qualifiés de presse-bouton aux ordres des équipes d’ingénieurs. La Formule 1 est devenue moins dangereuse mais aussi moins séduisante. Elle déserte de plus en plus les circuits européens et trouve refuge sur les chaînes à péage. Les réseaux sociaux peuvent construire une image, mais pas une popularité. Lewis Hamilton n’a été désigné qu’une fois sportif de l’année par la BBC, alors que Nigel Mansell et Damon Hill ont décroché cette distinction plus souvent que le titre mondial.

Il faut lui reconnaître pourtant le mérite de ne pas avoir cherché la facilité, ni cédé au contentement. Dès ses débuts en 2007, il tient la dragée haute à son coéquipier Fernando Alonso, champion du monde en titre, et termine sur les talons de Kimi Räikkönen. Plus jeune champion du monde l’année suivante, Hamilton prend le pari de suivre Mercedes en 2013. Ce sont les années Vettel, qui aligne quatre titres mondiaux de 2010 à 2013. La F1 s’est entichée d’un autre petit prodige, Lewis n’est plus à la mode.

Aujourd’hui, Sebastian Vettel admet que «dans l’ensemble, [Lewis Hamilton] a été le meilleur de nous deux et a fait le meilleur travail» et que ce «grand champion […] mérite son titre». L’intéressé savoure mais prévient: «Je vais continuer de courir tant que ça me plaît, j’en ai encore sous la pédale. Je veux le cinquième titre mondial.»

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