Les élites intellectuelles du golf annonçaient une érosion de son fighting spirit, sans que Tiger Woods en soit offusqué: «On disait de même à mes fiançailles, puis à mon mariage. Un enfant n’apporte que du bonheur. La seule chose que je puisse perdre, ce sont des heures de sommeil mais, de toute façon, je dors peu.»

Trois ans plus tard, «le Tigre» reconsidérait sa position: «Des parents vous répètent qu’une naissance est bouleversante mais, vous avez beau l’entendre, vous n’en avez aucune idée. Quand je pars le matin et que Sam pleure, c’est très dur. Le golf et la famille alimentent un conflit d’intérêts que ma conscience, parfois, peine à arbitrer. Tout devient plus difficile avec le temps, lorsque l’enfant commence à parler.»

Tiger Woods a d’abord emmené sa famille sur les tournois. Puis Sam a commencé l’école «et la situation s’est compliquée». «Ma fille change chaque jour. Je ne voudrais rien manquer. Quand je suis en voyage, nous communiquons par Skype. Je plains les sportifs qui vivaient sans webcam.»

Roger Federer n’a jamais caché son admiration pour Tiger Woods. L’expérience de son aîné l’a-t-elle guidé dans ses pérégrinations conjugales? «C’est plutôt Mirka qui, depuis toujours, voudrait que notre enfant me voie jouer. Depuis deux ou trois ans, nous avons vraiment le désir d’être parents. Nous saurons nous organiser en conséquence. Pour le reste, rien ne changera…»