Les clubs de sport professionnels suisses vont-ils au-devant d’une prochaine saison disputée devant des publics très restreints? C’est peu dire qu’ils sont pressés (et un peu inquiets) de le découvrir.

C’est dans ce contexte qu’une brochette de dirigeants du Lausanne Hockey Club, bien décidés à corriger leur mauvaise réputation en matière de communication, a convoqué une conférence de presse ce mardi pour révéler une réflexion en cours en coulisses. «Le Conseil fédéral a formulé deux propositions, actuellement à l’étude, pour l’avenir des manifestations sportives et culturelles d’envergure, introduit le président Patrick de Preux. La première prévoit de limiter les rassemblements à 1000 personnes jusqu’à la fin mars 2021. La seconde repose sur le même principe, mais laisse aux cantons le pouvoir de procéder à des ajustements au cas par cas. Il nous semblait important de signifier que, de notre point de vue, seule cette deuxième option serait acceptable.»

La crainte du coup de grâce

Jusqu’ici, la crise sanitaire liée au Covid-19 a poussé les dirigeants du hockey sur glace suisse à annuler les championnats 2019-2020 au bout de la saison régulière. Les clubs ont dû s’asseoir sur la possibilité d’enrichir leur palmarès, ainsi que sur les recettes des play-off, qui n’ont pas été disputés. Beaucoup d’entre eux ont rendu publiques leurs difficultés à faire face à la situation, et ce ne sont pas les aides financières prévues par la Confédération – substantielles, mais sujettes à remboursement – qui les ont rassérénés.

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A moins de deux mois de la reprise du championnat, prévue à la mi-septembre, le LHC craint donc le coup de grâce. Pour le club lausannois, une saison complète disputée devant des publics limités à 1000 personnes est «inenvisageable». Cela impliquerait une diminution des revenus trop importante. «Nous ne pourrions pas fonctionner comme nous le faisons actuellement, avec notre niveau de professionnalisme, les partenariats et les contrats en cours», précise le directeur général Sacha Weibel. «Si le Conseil fédéral décide de limiter les rassemblements à 1000 personnes jusqu’en mars 2021, la messe est dite, lance Patrick de Preux. La ligue devra alors se poser la question du déroulement du championnat et nous devrons voir comment réagir, en envisageant tout ce qui peut l’être.»

Pas que le hockey

Pour les dirigeants du LHC, il s’agit donc, à tout prix, d’éviter une mesure nationale qui ne tiendrait pas compte des spécificités locales. «Au sein de la Vaudoise aréna, nous sommes prêts à séparer le public en différents groupes qui ne se croiseront pas et bien entendu à respecter toutes les mesures sanitaires qui seront imposées, du traçage à l’hygiène en passant par la distanciation sociale», complète Patrick de Preux. «Il y aura bien sûr des principes généraux définis pour tous les clubs, mais au-delà, il faut une jauge de capacité différente et adaptée pour chaque patinoire», martèle Sacha Weibel. Selon le club lausannois, les cantons sont les mieux placés pour constater la capacité des différents clubs à faire face aux recommandations sanitaires.

La question du nombre maximal de personnes tolérées lors des manifestations publiques ne concerne bien évidemment pas que les clubs professionnels de hockey sur glace, mais aussi ceux de football (dont les championnats se terminent cette semaine), ainsi que les grands événements sportifs et culturels en général, annulés à la chaîne ces derniers mois. Le Conseil fédéral a introduit une première limitation à 1000 personnes le 28 février dernier. Elle devait à ce moment-là durer deux semaines.