Le rideau est tombé samedi sur les championnats du monde 2001 de ski alpin de St. Anton. L'heure est donc au bilan. Pour les Suisses, il est positif. L'objectif des six médailles n'a pas été atteint mais, alors qu'il était revenu de Vail, il y a deux ans, avec deux médailles de bronze seulement, le ski helvétique en a ramené trois de St. Anton. Dont deux d'or grâce à Sonja Nef et Michael von Grünigen. Pour le reste, fidèles à l'habitude, les Mondiaux 2001 ont réservé leur lot de surprises. Bonnes et mauvaises. Dernier petit tour d'horizon.

À LA HAUSSE

La France tout d'abord. Avec trois médailles, dont une d'or (Régine Cavagnoud en super-G), la France n'avait plus fait aussi bien depuis… Saint-Moritz 1974.

L'Allemagne ensuite, qui n'avait ramené aucune médaille de Vail il y a deux ans et qui rentre au pays avec 3 distinctions (une d'or et deux de bronze). Parmi les retours allemands au plus haut niveau, à relever celui de Martina Ertl, invitée surprise sur la plus haute marche du podium du combiné. Quant au coup de jeune, il a été apporté par Florian Eckert, 22 ans, médaillé de bronze en descente.

Les Etats-Unis enfin – avec notamment Daron Rahlves, vainqueur du super-G masculin au nez et à la barbe de l'habituelle invincible armada autrichienne – et bien sûr la Suisse et ses trois médailles. Michael von Grünigen n'avait rien fait à Vail. Il a confirmé à St. Anton son extraordinaire retour au plus haut niveau en géant en devenant champion du monde de la discipline. Quant à Sonja Nef, dont le palmarès aux championnats du monde et aux Jeux olympiques restait vierge de toute médaille, elle prouve, en se parant d'or dans la spécialité à St. Anton, que le globe de cristal de géant 2000-2001 n'est pas volé.

STABLES

Kjetil Andre Aamodt appartient à cette catégorie de skieurs avec lesquels il faut toujours compter. Avant St. Anton, le Norvégien avait déjà conquis 13 médailles au plus haut niveau (8 aux championnats du monde et 5 aux JO), dont cinq d'or. En Autriche, il a augmenté son pactole de deux unités en se parant d'or au combiné et d'argent en géant. Excepté les JO de Nagano 1998, le skieur d'Oslo a toujours ramené – depuis 1991 et Saalbach-Hinterglemm – au moins une médaille des compétitions majeures..

Autre élément stable, la météo. St. Anton n'a pas failli à la tradition: il a fallu renvoyer des courses à cause de la neige, de la pluie et du vent. Une situation qui, selon l'Autrichien Karl Schranz, ancien grand champion du ski alpin, se produit depuis 1966 et les Mondiaux de Portillo.

À LA BAISSE

A St. Anton, le ski autrichien n'a pas atteint le rendement qui était généralement attendu de sa part. La «Wundermannschaft» a certes remporté 11 médailles, mais 3 seulement étaient d'or. A titre d'exemple, son bilan est largement inférieur à celui obtenu par la Suisse en 1987, à Crans-Montana (14 médailles dont 8 d'or sur 10). Pourtant, il y a de grosses similitudes entre la domination à l'époque de la Suisse et celle qu'exerce l'Autriche aujourd'hui sur le ski alpin mondial.

Individuellement, parmi les grands battus autrichiens, figure évidemment Hermann Maier. Le skieur de Flachau a beau affirmer qu'il a «déjà eu quatre médailles d'or au plus haut niveau (ndlr: deux aux Mondiaux de Vail 1999 – descente et super-G –, deux aux JO de Nagano – super-G et géant), cela me suffit», il reste comme celui qui raté ses championnats du monde. Sur ses terres, «Herminator» n'a conquis «que» le bronze du super-G et l'argent de la descente. En géant, spécialité qui lui a valu un globe de cristal l'hiver dernier, il a échoué à un centième de seconde du podium.

Autre skieuse autrichienne à être passée au travers: Renate Götschl, qui doit se contenter d'une médaille d'argent en descente. La skieuse d'Obdach a été victime de chutes en super-G et en géant. Elle a aussi enfourché une porte lors du slalom du combiné.

Lasse Kjus ne gardera pas non plus un souvenir impérissable de ses Mondiaux 2001. Il y a deux ans, le Norvégien était rentré de Vail avec cinq médailles: 2 d'or et 3 d'argent. Il quitte St. Anton la besace complètement vide. A sa décharge, on retiendra qu'il n'a participé ni à la descente, ni au slalom.

ET LE RESTE

On ne saurait clore ce bilan consacré aux championnats du monde de St. Anton sans évoquer l'organisation de ce grand rendez-vous et l'ambiance qui y a régné. S'ils ont fait (presque) tout ce qu'ils pouvaient pour que les choses se passent au mieux, les organisateurs autrichiens ont manqué considérablement de chaleur humaine. Ils se sont notamment montrés très sourcilleux lorsque les médias du monde entier ont fustigé leur manque de réactions à la suite des importantes chutes de neige survenues lors du premier week-end de la compétition. Quant à l'ambiance, elle fut résolument… autrichienne avec environ 250 000 spectateurs pour l'ensemble de la quinzaine.