De retour d'Italie, les produits culinaires débordent généralement des valises. Mais sport et cuisine ne font pas bon ménage sur les sites olympiques. En raison des contrats d'exclusivité signés entre les multinationales et le CIO, certaines marques de condiments qui garnissent les épiceries situées dans les installations olympiques sont masquées par un scotch opaque. «Nous ne sommes pas autorisés à montrer des marques qui ne sont pas approuvées par les instances, explique un employé. On ne doit même pas montrer la marque de nos chaussures si elles ne sont pas approuvées.»

Au pays du ruban adhésif, les produits culinaires ne sont pas les seuls bannis. Les marques d'ordinateurs portables, par exemple, ne sont connues que de leurs propriétaires.

Ces restrictions ne sont pas nouvelles dans le monde olympique. Il y a deux ans à Athènes, lors des Jeux d'été, les interdictions ont plu: défense d'entrer au stade avec sa propre bouteille d'eau, puisque Coca-Cola vous propose gracieusement l'eau Avra, pur produit du groupe américain! Pas d'alcool pour permettre à Heineken d'écouler son stock de bière, pas de sandwiches, mais des hamburgers de chez McDonald's, retraits possibles uniquement avec une carte Visa, etc.

Ainsi, cette année, dans le nord de l'Italie, il n'est pas rare de croiser des athlètes bardés de scotch. Alternative au ridicule: créer des maillots spéciaux pour l'occasion. C'est avec ceux-ci, par exemple, qu'évoluent les équipes de hockey sur glace.

La règle 53 de la Charte des Jeux olympiques stipule les obligations vestimentaires des sportifs. C'est l'une des conditions à remplir pour pouvoir participer aux Jeux olympiques.