En repoussant deux penalties dans la séance de tirs aux buts, vendredi soir en demi-finale face à l'Argentine, le gardien de la Mannschaft est entré dans la légende. A double titre. D'abord, parce qu'il est devenu le premier gardien de l'histoire à faire plier l'Argentine en Coupe du monde dans l'épreuve des penalties (qualifiant au passage son équipe pour les demi-finales). Ensuite, parce qu'il parvient match après match à faire oublier l'icône Oliver Kahn, chouchou de tout un peuple, relégué sur le banc par le sélectionneur Jürgen Klinsmann durant ce Mondial allemand.

Jens Lehmann, 36 ans, a donc délivré son équipe après qu'elle eut tangué sous la domination argentine pendant près de 80 minutes. Pour Juan Roman Riquelme, génial meneur de jeu de la sélection albicéleste, le coup doit être particulièrement dur à encaisser: en demi-finale de la Ligue des Champions, déjà, le gardien d'Arsenal avait été héroïque. Lehmann avait sauvé son équipe à la toute dernière minute du match retour face à Villarreal, en arrêtant un penalty tiré par un certain Riquelme. C'est certainement ce qui s'appelle avoir la baraka.

Même son rival Oliver Kahn, jusque-là renfrogné, en a bondi de joie. Le colosse bavarois avait au préalable rejoint la chaîne humaine formée par les remplaçants et l'encadrement allemand sur le bord du terrain pour assister au triomphe de son meilleur ennemi.