«Même si j'ai franchi un cap important d'un point de vue sportif, cette année ne pourra pas être bonne à cause du décès de mon ami Andreï Kivilev. D'ailleurs, c'est peut-être lui qui me pousse à aller si vite.» Désormais, Alexandre Vinokourov associe le compagnon de route qu'il pensait éternel à chacun de ses succès. Le Kazakh, qui s'est adjugé Paris-Nice en mars dernier, là même où son compatriote a mortellement chuté, ainsi que le récent Tour de Suisse, a ajouté une inestimable perle à son collier de victoires en s'imposant à Gap lors de la 9e étape du Tour de France.

Depuis ce 12 mars 2003 de funeste mémoire, date à laquelle il apprenait la mort de son compère sur un parking du Puy-en-Velay, Vinokourov n'est plus le même homme. Ni le même sportif, puisqu'il pédale pour deux. Le coureur doué est en passe de devenir un véritable champion. Capable, à la force du cœur et du jarret, de rivaliser avec les meilleurs en montagne, de se surpasser en contre-la-montre.

Aujourd'hui, il pointe à 21 secondes derrière Lance Armstrong au général. Pourquoi, dès lors, ne pas rêver? «Maintenant que j'ai bien passé les Alpes, je vise le podium au minimum, dit-il. Même si c'est plus facile à dire qu'à faire.» A deux, tout est possible, comme disait l'autre.