Avant de perdre la bataille, Jules César avait fait de Nevers un important entrepôt de vivres pour son armée, en prévision du siège de Gergovie en 52 avant Jésus-Christ. En remportant avec une facilité déconcertante la troisième victoire de sa campagne sur le Tour du centenaire, l'Italien Alessandro Petacchi a vengé son «compatriote». Mais un Gaulois a trouvé le moyen de vivre son heure de gloire dans les murs de sa ville natale. On avait quitté Frédéric Finot aussi abattu qu'un chêne malade, lundi à Sedan, au terme d'une vaine échappée de 197 kilomètres. Hier, les larmes du coureur de la formation Jean Delatour ont coulé joyeuses. Devant ses amis et sous les yeux, eux aussi humides, de sa femme, Finot a eu l'honneur d'enfiler le maillot à pois du meilleur grimpeur. Le fait que la chose arrive au terme d'une étape de plaine n'a gâché ni son plaisir, ni son émotion. A nouveau glissé dans une échappée, collective cette fois-ci, le Français s'est emparé du prestigieux vêtement grâce aux deux modestes côtes qui émaillaient le parcours.