«Nous étions tous très fatigués, j'ai même eu un début de crampes dans le dernier kilomètre. Il m'a manqué un soupçon d'énergie pour le sprint, mais je ne suis pas déçu: j'ai démontré que je suis toujours au niveau des meilleurs.» Coiffé sur le poteau par Gilberto Simoni au terme d'une échappée de 187 kilomètres à travers les Pyrénées, Laurent Dufaux faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Vainqueur à Pampelune lors du Tour 1996, sur les terres d'un Miguel Indurain sur le déclin, le Vaudois est passé à un cheveu de la glorieuse récidive.

Parti dès le quatrième kilomètre en compagnie de seize autres fuyards, le coureur de l'équipe Alessio a passé toute la journée de dimanche aux avant-postes. C'est lui qui a décramponné la majeure partie de la concurrence dans l'ascension du Portillon, avant-dernier des six cols au menu du jour. Ne restaient alors à ses côtés que son pote Richard Virenque, côtoyé chez Festina, et Gilberto Simoni. Avide de revanche après deux semaines placées sous le signe de l'humiliation, l'Italien a lavé l'affront en s'imposant d'un souffle.

Dufaux va maintenant devoir digérer la déception et les efforts consentis en vain. «Il faut voir comment je vais récupérer, dit-il. Je vais sans doute rouler à l'économie demain (aujourd'hui, ndlr), profiter de la journée de repos et retenter ma chance mercredi entre Pau et Bayonne, sur un parcours que j'apprécie.»