Ceux qui se demandent pourquoi on associe le vert aux Martiens ont désormais un nouvel élément de réponse. Il s'agit de la couleur du maillot de meilleur sprinter que revêt depuis hier l'extraterrestre Alessandro Petacchi, victorieux à Lyon de sa quatrième étape sur le Tour 2003. Arrivé en tête de seize des dix-neuf sprints auxquels il a participé cette année, l'Italien ne pédale pas sur la même planète que les autres. Et sa différence commence à agacer ses adversaires: «Ce matin (hier, ndlr), certains m'ont demandé de rentrer chez moi, raconte le phénomène de La Spezia. Je crois qu'ils plaisantaient, la plupart me félicitent de ce que je suis en train d'accomplir.» Toujours est-il que la concurrence médusée doit ardemment souhaiter que Petacchi ne franchisse pas les Alpes. «Je souffre à la moindre bosse et Paris est encore loin», prévient l'intéressé, qui semble préparer sa sortie. Mais «Gentleman Sprinter» peut-il, d'un point de vue diplomatique, imiter Mario Cipollini en désertant la course, alors que ce dernier n'a pas été retenu cette année pour ce motif? Beaucoup se tiennent les pouces.