Jusqu'à quel point le CIO est-il impliqué – ou simplement concerné – dans cette histoire? Après une «chasse» de plusieurs jours derrière l'homme de liaison de l'instance olympique avec Markus Jerger et sa société ISDO – en l'occurrence le directeur du marketing Michael Payne –, la réponse, fondamentale pour lever tout doute malsain, demeure en suspens.

Rencontré dans le cadre de la session de Prague, le principal intéressé était prêt à parler, à donner de manière claire la position du CIO au milieu de cet imbroglio: «Je n'ai rien à cacher, et suis d'accord de vous accorder une interview à ce sujet», nous a-t-il dit. Problème: le département juridique du CIO et ses avocats lausannois (voire ci-dessus) ont, eux, choisi le «black out» et fait savoir à Michael Payne qu'il ne devait pas s'exprimer.

Pourquoi? Officiellement parce que, révèle-t-on au département de la communication olympique, des allégations auraient été formulées contre lui, dans le cadre de la plainte déposée par Investraders contre ISDO. Quel genre d'allégations? Mystère. Plutôt que d'éclaircir l'horizon, le CIO et ses défenseurs préfèrent imposer le silence à Michael Payne, il est vrai témoin potentiel aux yeux du procureur général de Genève.

Dans une lettre adressée à notre journal, le cabinet d'avocats précise juste que, si «le litige entre ISDO et Investraders SA devait toucher de quelque manière que ce soit le CIO, ou l'un ou l'autre de ses représentants, ces derniers feraient valoir leurs droits en temps et lieu.» Point barre.

En somme, beaucoup de non-dit autour d'un cas où, pourtant, le CIO semble davantage victime que partie prenante. Un élément de réponse ténu, sur un chapitre bien précis, finira quand même par échapper aux cerbères: si une seconde licence, touchant le projet de Toronto, a été confiée à Markus Jerger malgré la débâcle du parc «Esprit olympique» de Munich, c'est qu'il en aurait tiré les conséquences et que le projet restait séduisant en tant que tel. Peu de chose, en vérité.

Car plusieurs interrogations de taille baignent toujours dans le flou le plus total: à quel niveau Michael Payne serait-il impliqué? Pourquoi le CIO, avec son statut de mandant, n'a-t-il pas mieux contrôlé et géré la situation? Le CIO était-il au courant de l'alliance ISDO/Investraders en vue de l'entrée en Bourse d'«Esprit olympique»? Qui sont les actionnaires d'«Esprit olympique» et qu'en est-il de la commission de deux millions de dollars qui, selon Jerger, devait leur être versée? Les projets de parcs olympiques ont-ils encore un avenir?

Les responsables du CIO et leurs représentants légaux ont décidé de pratiquer l'«omerta». En terme d'image, on n'est pas certain que ce soit la stratégie idéale.