Trois clubs suisses en demi-finale de Ligue des champions. Ce serait de la science-fiction en football, où le FC Bâle vient de sortir par la petite porte, et dans toutes les disciplines où une compétition du même genre existe. Mais en hockey sur glace, ce sera peut-être une réalité d’ici peu.

Avant les matches retours des quarts de finale ce mardi, tout reste ouvert pour le CP Berne (1-1 contre le Sparta Prague à l’aller) et les ZSC Lions (0-0 contre les Vaxjo Lakers). Le HC Fribourg-Gottéron, de son côté, a pris une très sérieuse option sur la qualification en battant Vitkovice Ostrava en République tchèque à l’aller (2-5).

Tir groupé

Les équipes de Ligue nationale A – qui passe pourtant pour l’un des meilleurs championnats européens - n’avaient pas réussi un tel tir groupé lors des deux premières éditions de la Ligue des champions dans son format actuel. En 2009, les ZSC Lions avaient remporté une Ligue des champions dans une version sans lendemain, mais depuis que la compétition a été réactivée, les Scandinaves y règnent en maîtres. L’année dernière, seul le HC Davos avait fait son chemin jusqu’en demi-finale parmi les Suédois et les Finlandais. La saison précédente, aucune formation suisse n’avait franchi le stade des huitièmes.

Pourquoi connaissent-elles le succès cette année? «Dans notre cas, nous avons bénéficié d’un tirage assez favorable», commente Raphaël Berger, directeur général de Fribourg-Gottéron. Mais il observe aussi un changement d’approche: «Il y a cette idée que notre championnat est d’un très bon niveau. Peut-être que lors des éditions précédentes, on se voyait un peu trop beau et qu’on est tombé de haut en constatant que, contre une bonne formation tchèque, ce n’était pas facile du tout de gagner. Aujourd’hui, les équipes suisses prennent ces rencontres très au sérieux.»

Moindre importance des championnats européens

Pourtant, la Ligues des champions demeure un objectif secondaire pour les clubs participants. En football, le prestige des compétitions européennes surpasse largement celui des championnats nationaux. En hockey sur glace, c’est l’inverse. «Entre un derby de plus contre Berne ou Lausanne et un match international contre le champion de Suède, le fan de Gottéron n’hésiterait pas longtemps», glisse Raphaël Berger. Pour une équipe comme Fribourg, qui traîne son spleen à la dernière place du classement de LNA, les échéances européennes sont ainsi des occasions de souffler un peu. «L’équipe joue l’esprit plus libéré, remarque le dirigeant. Il faut bien avouer qu’il y a moins de pression qu’en championnat.»

Les parcours en Ligue des champions de Zurich et Berne, premier et deuxième en LNA, s’inscrivent dans une dynamique plus attendue. Tous participent à une performance d’ensemble qui réjouit jusqu’aux responsables de la compétition, ravis que les cartes soient rebrassées après deux éditions aux allures de duels finno-suédois. «Bien sûr, je dois être neutre, mais je serai ravi qu’un club suisse atteigne la finale, expliquait dernièrement le directeur général Martin Baumann au quotidien Freiburger Nachrichten. Ce serait bien pour la Ligue des champions que la finale ne se déroule pas chaque année en Scandinavie. Le scénario de rêve serait que des équipes de nombreux pays puissent y arriver.»