Mardi soir, une défaite contre Valence (1-0) a ramené l’Ajax Amsterdam sur terre quelques mois après une épopée européenne encore dans toutes les mémoires, tandis que la campagne enthousiasmante du RB Salzbourg était stoppée net par Liverpool (0-2). Le lendemain, le Chakhtar Donetsk butait pour sa part sur les néophytes de l’Atalanta Bergame (0-3).

Avec ces trois clubs néerlandais, autrichien et ukrainien a été éliminée la possibilité de nuancer la domination des cinq grands championnats en Ligue des champions. Au printemps, les huitièmes de finale se disputeront entre quatre équipes anglaises, quatre espagnoles, trois italiennes, trois allemandes et deux françaises.

La phase finale de la plus prestigieuse des compétitions de clubs concerne un nombre toujours plus restreint de concurrents, ainsi qu’une étude du Temps le démontrait en 2017. Entre 1993 et 1997, 16 pays différents plaçaient au moins une équipe en quarts de finale. Ils n’étaient plus que six entre 2013 et 2017. Mais jamais encore, avant cette année, les huitièmes de finale n’avaient accueilli que des représentants du «big 5».

Lors des dix dernières éditions, on dénombrait au minimum deux «trouble-fêtes», comme l’an dernier avec l’Ajax et Porto. Ils étaient jusqu’à cinq lors de la saison 2015-2016 avec le Benfica, La Gantoise, le Zénit Saint-Pétersbourg, le PSV Eindhoven et le Dynamo Kiev. Des formations suisse (Bâle), écossaise (Celtic), danoise (Copenhague), turque (Besiktas, Galatasaray) ou même chypriote (APOEL Nicosie) sont, sur cette période, parvenues à s’extraire du premier tour.

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Vers une nouvelle formule

Mais cette saison, les représentants des championnats de seconde catégorie sont pour la plupart restés loin du compte. Le FC Bruges, Galatasaray, Genk et le Slavia Prague n’ont pas gagné un seul de leurs six matchs. Dans le groupe B, l’Olympiakos et l’Etoile Rouge n’ont pas chatouillé le Bayern et Tottenham.

Ce n’est pas très étonnant. La liste des qualifiés pour la phase finale se confond avec celle des clubs financièrement les plus puissants, selon l’étude «Football Money League 2019» de l’agence Deloitte. Onze des 16 équipes en lice comptent parmi les 13 plus riches du monde. Manchester United (troisième avec 666 millions d’euros de revenus) et Arsenal (neuvième, 439 millions d’euros) manquent à la fête parce que pour les très fortunés clubs anglais, la concurrence est plus rude en championnat qu’une fois qualifiés pour la phase de groupes de la Ligue des champions.

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La reine des compétitions de clubs vivra selon sa formule actuelle jusqu’en 2024. Au-delà, certains souhaiteraient en faire une ligue semi-fermée, dont 24 des 32 participants seraient reconduits d’année en année, peu importe leurs résultats dans leur championnat national. Les camps sont tranchés et les débats loin d’être terminés. Mais les résultats de cet automne amènent à penser qu’en attendant, la Ligue des champions a déjà entamé sa transformation en club select.