A l'heure où le ballon rond est de plus en plus une affaire de gros sous, le football suisse avance lentement dans cette direction. Ce n'est en effet qu'en septembre 1998 que la conférence des présidents de la Ligue nationale (LN) acceptait le principe d'un projet proposé par le comité: la commercialisation du «produit football suisse». En juin 1999, la LN signait un contrat de partenariat avec Havas Advertising Sports pour une durée de cinq ans, assorti d'une garantie financière globale de 13,5 millions de francs (1,5 million pour la première année, puis 3 millions par année). Aujourd'hui, la LN s'appuie sur six cosponsors (Energizer, Mobilzone, Vaudoise Assurances, Crédit Suisse, Total Fina Elf et Calcio Swiss) pour une contribution de 200 000 à 400 000 francs par partenaire (chaque saison), mais est toujours à la recherche d'un partenaire principal qui apporterait entre 1,5 et 1,8 million.

Membre du comité de la LN et consultant de Havas Advertising Sports, Pierre Aeschlimann insiste sur les difficultés rencontrées: «Le concept n'a pas été facile à introduire dans notre pays et la Ligue a avancé moins vite qu'elle l'aurait souhaité. L'installation de panneaux publicitaires rotatifs dans les stades a été un parcours du combattant en raison des droits cédés par les clubs.» Ce vendredi et samedi, le football professionnel tiendra «ses états généraux». «Les questions de sponsoring, de marketing ainsi que le problème des droits TV reviendront sur le tapis», commente Pierre Aeschlimann. De toute évidence, le football suisse se vendra mieux avec la construction de stades modernes, l'outil indispensable pour attirer des partenaires.