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Le Slovène Aleksander Ceferin va devoir convaincre avec la nouvellement créée Nations League, ou Ligue des nations.
© Laurent Gilliéron/Keystone via AP

Football

La Ligue des nations, complexe machine

Le tirage au sort de la nouvelle compétition imaginée par l’UEFA pour remplacer les matches amicaux entre sélections nationales se déroule ce mercredi à Lausanne. Les équipes connaîtront leurs adversaires à défaut de comprendre ce qui les attend

Le 1er juin dernier, l’équipe de Suisse de football accueillait la Biélorussie à la Maladière pour une rencontre dite «amicale». Elle fut surtout ennuyeuse, bouclée sur une chiche victoire de Shaqiri et compagnie (1-0) qui n’aura rien appris à personne. Question: comment intéresser des joueurs sur les rotules après une longue saison et des supporters pareillement gavés de matches à longueur d’année avec une telle partie sans enjeu? Réponse (tacite) de l’UEFA: c’est impossible.

C’est pour en finir avec ce genre de non-événements que l’instance dirigeante du football européen a décidé de créer la Ligue des nations. Le tirage au sort de la première édition, qui se disputera entre septembre 2018 et juin 2019, se déroulera ce mercredi à midi au SwissTech Convention Centre, sur le campus de l’EPFL.

Cette nouvelle compétition, qui n’a son pareil dans aucune autre discipline, serait pour ainsi dire sans défaut. L’UEFA assure qu’elle ne surchargera pas le calendrier, qu’elle assurera des revenus stables à toutes les fédérations et – même – qu’elle n’empêchera pas les équipes qui le souhaitent de programmer des matches amicaux en marge (pour préparer une échéance particulière ou se frotter à des adversaires d’autres continents par exemple). Joueurs, sélectionneurs et supporters n’auraient donc qu’à y gagner. Encore faut-il qu’ils le comprennent.

Repêchage pour l’Euro

Car la Ligue des nations est une machine complexe, tant dans son déroulement que dans ses implications. Son objectif principal est donc de remplacer des matches sans enjeu par une course à un titre inédit. C’est un fait: une équipe sera couronnée championne. Mais les architectes du projet étaient parfaitement conscients qu’il ne suffirait pas d’inventer un trophée de toutes pièces pour aiguiser l’appétit de footballeurs au beau milieu de leur festin de matches annuels. Alors, ils ont eu l’idée de connecter cette compétition avec le beaucoup plus prestigieux Championnat d’Europe des Nations. Via la Ligue des nations, les équipes qui auront échoué à se qualifier pour l’Euro par la voie traditionnelle auront une chance de se rattraper… De quoi motiver tout le monde à prendre la chose au sérieux.

Mais pour bien comprendre, il faut commencer depuis le début. La Ligue des nations impliquera, tous les deux ans, toutes les sélections affiliées à l’UEFA. Au nombre de 55, elles sont divisées en quatre «ligues»: les douze meilleures sont dans la ligue A, les douze suivantes dans la B, les quinze d’après dans la C et les seize dernières dans la D. Dans la ligue A, on se battra pour remporter le titre de «champion de la Ligue des nations» et pour éviter la relégation en ligue B. Dans la ligue B, l’enjeu sera d’accéder à la ligue A et de ne pas chuter en ligue C. Et ainsi de suite.

La chance des petites équipes

Au sein de chaque ligue, des groupes de trois ou quatre équipes seront tirés au sort, ce mercredi à Lausanne. Pour l’édition inaugurale, la Nati jouera dans la ligue A. Elle se retrouvera dans un groupe de trois équipes avec deux adversaires (à choisir parmi l’Allemagne, le Portugal, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Angleterre, l’Italie, la Pologne, l’Islande, la Croatie et les Pays-Bas) qu’elle affrontera deux fois chacun. Au terme de ce mini-championnat, la formation classée première sera qualifiée pour les demi-finales de la compétition, tandis que la dernière sera reléguée en ligue B pour la prochaine édition.

Et ce n’est donc pas tout. La Ligue des nations permettra de distribuer quatre sésames pour l’Euro en marge des qualifications traditionnelles. Au sein de chaque ligue, les quatre vainqueurs de groupe disputeront des barrages (demi-finales puis finale) pour l’obtenir, à moins qu’ils ne soient déjà qualifiés.

Ce dispositif est à la fois une ceinture de sécurité pour les grandes nations du foot européen et une pédale d’accélération pour les plus petites. S’il avait existé avant l’Euro 2016, les Pays-Bas n’auraient peut-être pas manqué le rendez-vous français après leurs qualifications ratées (ils auraient pu être repêchés par la Ligue des nations) et, en même temps, une des seize équipes les moins cotées du continent aurait été de la fête également puisqu’une place se joue au sein de la ligue D qui les réunit.

Rééquilibrer la balance

C’est un des arguments brandis par l’UEFA pour justifier l’intérêt de sa nouvelle compétition: «Les petites nations ayant été à la peine face aux équipes beaucoup mieux classées qu’elles auront désormais la chance de participer à des matches équilibrés. Les équipes n’apprennent pas et ne progressent pas en perdant tout le temps; désormais certaines équipes vont commencer à gagner.» Mais pour l’organisation basée à Nyon, l’enjeu global se situe au-delà des intérêts particuliers des différentes équipes. Avec la Ligue des nations, elle entend rééquilibrer la balance de l’intérêt entre le football des clubs et celui des sélections, en garantissant que chaque match de ces dernières compte vraiment.

Côté regard critique, Jonathan Liew, de The Independent, dénonce «une aventure farfelue, une tentative d’insuffler de la vie à un produit moribond [le football de sélections] en adoptant les codes des jeux télévisés», mais rares sont encore ceux qui osent une opinion tranchée. Le monde du foot attend de voir. Et de bien comprendre.

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