Tennis

A Lille, la Belgique veut imiter la Suisse

En Coupe Davis, un héros vaut souvent mieux qu’une armée de bons soldats. La Belgique de David Goffin s’accroche à cette idée avant d’affronter une équipe de France compacte en finale

Le 23 novembre 2014, Roger Federer déposait une amortie tout en finesse sur la droite de Richard Gasquet, sur la terre battue de Lille, et offrait à la Suisse son premier sacre en Coupe Davis. Trois ans et un jour plus tard, la France est de retour en finale de la prestigieuse compétition. Contre une autre équipe (la Belgique), mais au même endroit (le stade Pierre-Mauroy). Et avec la même force, qui est aussi la même faiblesse: un important réservoir de joueurs à sa disposition. Un problème de riche en théorie qui se mue en problème tout court dans la pratique, car il peut impliquer hésitation, choix difficiles et regrets, face à un adversaire qui n’a pas de questions à se poser.

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Hier la Suisse, aujourd’hui la Belgique. Le parallèle tient à une hiérarchie clairement établie. Cinq hommes (Federer, Wawrinka, Chiudinelli, Lammer et le capitaine Lüthi) ont soulevé le Saladier d’argent en 2014 mais seules les deux stars ont joué à Lille. Cette année et même s’il a manqué le huitième de finale contre l’Allemagne, David Goffin – matricule 7 mondial et récent finaliste des Masters de Londres – est le leader incontesté des siens. Steve Darcis (ATP 76) sait qu’il jouera les autres simples. Ruben Bemelmans et Joris De Loore formeront la paire de double. Il n’y a pas à tergiverser. Juste à jouer au tennis.

Huit Français utilisés

De son côté, le capitaine Yannick Noah a fait durer le suspense quant à sa sélection, conservant six joueurs à ses côtés dans la dernière ligne droite, jusqu’à sa décision tombée jeudi: Nicolas Mahut (vainqueur des trois doubles disputés avec la France cette année) et Julien Benneteau (aligné en double et en simple contre la Grande-Bretagne en quarts de finale) seront de simples spectateurs de la finale. Comme Gilles Simon et Jérémy Chardy, qui ont également joué cette année.

Au total, huit joueurs ont contribué à amener les Bleus à Lille. Sept Français sont mieux classés à l’ATP que le numéro 2 belge. Dans n’importe quel sport collectif, on parlerait d’une telle profondeur de banc comme d’un atout décisif. Mais en Coupe Davis, les éditions récentes montrent qu’il vaut mieux disposer d’un joueur exceptionnel que d’un régiment de bons soldats. En 2014, la Suisse avait le luxe d’en compter deux, mais la Grande-Bretagne (2015) et l’Argentine (2016) s’étaient débrouillées avec les seuls Murray et Del Potro au sommet de leur art.

Cette année, David Goffin semble dans la forme de sa vie, prêt à perpétuer la série. Il ouvrira le bal ce vendredi à 14h face à Lucas Pouille, puis Steve Darcis affrontera Jo-Wilfried Tsonga. Le double est programmé samedi (14h) et les deux derniers simples suivront, si nécessaire, dimanche (dès 13h30).

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Quatrième nation la plus titrée de la compétition avec neuf sacres, l’équipe de France tâchera, elle, de mettre fin à une disette de quinze ans ponctuée de trois finales perdues, contre la Russie de Kafelnikov et Safin (2002), la Serbie de Djokovic (2010) et donc la Suisse de la «Fedrinka» voilà trois ans. Elle peut s’inspirer pour cela de sa dernière victoire quand, en 2001, elle avait dompté l’Australie de Lleyton Hewitt, devenu quelques semaines auparavant le plus jeune numéro 1 mondial de l’histoire.

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