Coup de tonnerre à Vancouver. L’Américaine Lindsey Vonn, victorieuse de huit des onze courses de vitesse cette saison et grande favorite des épreuves de ski alpin – dans l’ordre chronologique: super-combiné, descente, super G et slalom géant –, s’est blessée la semaine dernière lors d’un camp d’entraînement en Autriche. La contusion au tibia droit, bénigne sur le plan structurel, a le désavantage de se trouver «juste là où la chaussure appuie». Appelée à devenir l’une des stars de ces Jeux, la patronne du ski féminin est apparue soucieuse mercredi face aux médias.

Le Temps: Que vous inspire ce coup du sort? Lindsey Vonn: C’est vraiment pas de chance. Après ma chute, je n’ai pas pu marcher pendant deux jours, et ça fait une semaine que je ne peux pas m’entraîner. Il s’agit de la blessure la plus douloureuse que je n’ai jamais eue. J’essaie de rester positive, mais ça va être dur. Il va falloir que je skie à 120 ou 130 km/h en mettant beaucoup de poids sur mon tibia et, honnêtement, je ne sais pas comment je vais faire. J’avais gagné la dernière course de Coupe du monde à St. Moritz, je me sentais en superforme et j’aurais beaucoup aimé ne pas me trouver dans cette situation. Mais bon, maintenant, je dois prendre jour après jour.

– Est-il possible que vous ne soyez pas au départ du super-combiné dimanche? - Oui, c’est possible. On verra comment je me sens demain sur les skis. Le tout, c’est de gérer la douleur, qui se trouve probablement au pire endroit. J’ai eu peur, je viens de passer une semaine très compliquée au niveau émotionnel et ce n’est de loin pas la meilleure façon de préparer les Jeux. Il nous reste quelques jours pour voir comment les choses évoluent et établir un plan.

– Pourquoi avoir attendu pour annoncer votre blessure? - Je voulais attendre de voir comment ça allait afin de ne pas alarmer les gens si cela n’était pas nécessaire.

– Après huit ans de carrière, comment vivez-vous cette situation pour le moins déplaisante? - Toutes ces années ont constitué un long voyage, avec beaucoup de hauts et de bas, des succès et quelques blessures. J’ai appris beaucoup sur moi-même en tant que personne, je suis devenue une athlète plus consistante au fil du temps. J’ai beaucoup mûri grâce à mon mari aussi, et j’espère que cela me permettra de mieux affronter cette épreuve.

– Que répondez-vous aux cyniques qui disent que vous brandissez cette blessure pour faire descendre la pression? - Waow… Je leur réponds que je n’ai jamais pensé à cet aspect-là des choses. Je ne me cherche pas d’excuses, j’aurais tellement aimé que cela n’arrive pas. J’espère bien skier malgré ça et, si je n’y parviens pas, je ne chercherai pas d’excuse.