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Christian Constantin, le 13 mars 2016.
© PETER SCHNEIDER

Chronique

L'inspecteur Constantin mène l'enquête

Régulièrement, l'humoriste Nathanaël Rochat nous parle de sport. Il revient cette semaine sur le casse du siècle, le pénalty accordé à YB contre Sion au Wankdorf

On parle surtout des arbitres quand ils font mal leur travail. Sinon, ils passent inaperçus. Ce doit être tentant pour finir. Par exemple, n’étant pas un puits de connaissance, jusqu’à dimanche dernier, j’ignorais qui était Monsieur Amhof. Mais depuis je sais son nom puisqu’il s’est fait connaître en prenant une série de décisions surprenantes à l’occasion du match Young Boys contre Sion à Berne. Il est de toute façon utopique d’attendre de gens qui ont fait l’excellent choix de devenir arbitre de Super League qu’ils prennent toujours des bonnes décisions.

Il est vrai que le FC Sion a été volé au cours de ce match. Surtout par Sulejmani, l’attaquant des Young Boys, lequel non content d’être en position de hors-jeu, a abusé l’arbitre en se faisant l’auteur d’une grossière simulation qui a entraîné l’expulsion du gardien sédunois et un pénalty que le joueur bernois n’a même pas eu le cran de tirer lui-même. Idéalement c’est sur lui que devraient s’abattre les critiques, pas sur l'arbitre qui est quelque part aussi victime de cette tricherie. 

Monsieur Amhof n’a pas été bon, ça ne constitue pas encore un délit. Dans l’esprit de certains pourtant, ces faits de jeu pourraient bien être la face visible d’une machination. Aux dires de Christian Constantin, les décisions de l’arbitre ont des conséquences chiffrables pour le FC Sion puisque, si j’ai bien suivi son raisonnement, elles ont privé son équipe de la victoire dans un match à six points qui aurait permis un repositionnement au classement pour se relancer dans la course aux phases préliminaires de la Ligue des champions, hypothéquant ainsi les chances du club d’accéder aux phases de groupe de cette Ligue des Champions et annihilant tout espoir d’atteindre les phases à éliminations directes avant de retrouver le FC Barcelone en finale en mai 2017, et quand on sait qu'ils ne perdent jamais les finales...

Christian Constantin a un sens de la mise en scène presque aussi affûté que le Président de la Confédération ou que les attaquants de Young Boys. Dans une vidéo postée sur la page Facebook du club, le boss du FC Sion énumère une série d’éléments troublants dans un style qui n’est pas sans rappeler les théories de complot. Il termine sa présentation en promettant une récompense de 25 000 francs à toute personne qui apporterait un témoignage permettant de faire la lumière sur cette affaire. On se croirait au Far West et d’ailleurs on y est. Je suis ni juriste ni arbitre mais je ne suis pas certain qu’on puisse légalement s’appuyer sur un témoignage obtenu en échange d’une somme d’argent. Le Valaisan nous explique aussi que la corruption existe dans le football. Sans blagues. Ses mots résonnent dans toute la vallée. Je ne dis pas ça pour Constantin, mais dans la bouche d’un autre illuminati du coin, ce genre de paroles passeraient pour des aveux.  

Le premier élément probant de cette «enquête» est déjà apparu. On avance que le juge de ligne aurait des problèmes de vue. De toute façon, c’est presque à espérer parce que c’est difficile de juger le hors-jeu. On demande l’impossible aux arbitres. J’ai peut-être des problèmes de vue moi-même, mais je ne vois pas comment on peut demander à quelqu’un d’avoir les yeux au même instant sur le départ du ballon et la position du joueur qui va le recevoir tout en se situant sur la même ligne que les joueurs qui se déplacent vite, à part Walter Samuel. Ce serait peut-être même préférable, pour juger le hors-jeu, d’en avoir des problèmes de vue, genre le mitrailleur allemand dans la Grande vadrouille. Dans le même esprit par exemple, la notion de faute de main volontaire ou involontaire paraît difficile à déterminer dans l’absolu. Est-ce bien sérieux de demander à un arbitre de lire dans les pensées d’un joueur?

Constantin n’est pas du genre à se laisser faire. Il a même parlé d’éventuelles poursuites judiciaires. Ce ne serait pas la première fois qu’il actionne la justice terrestre pour des problèmes de foot. Dans le cas d’espèce, Il voudrait faire rejouer le match. Il peut s’appuyer sur un précédent. En 1997, le FC Sion avait fait un match nul en coupe d’Europe contre le Spartak Moscou, résultat insuffisant pour accéder au tour suivant. Le club avait déposé un protêt, mettant pertinemment en cause la taille des buts qui étaient trop petits (d’ailleurs à l’époque, l’avocat du club n’était autre que Gianni Infantino, notre tout frais président de la FIFA). Le match avait été rejoué sur un autre terrain et Sion avait perdu 5 à 1. Comme quoi parfois il vaut mieux avoir les buts plus petits que la gueule. 

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