Le 31e championnat d'Europe des nations de basketball masculin, le dernier du millénaire, a vu la Yougoslavie déboulonnée par l'Italie, sacrée samedi à Paris après sa victoire sur l'Espagne (64-56) en finale.

Déboulonné est bien le mot qui convient. Car les nouveaux champions d'Europe ont éliminé, vendredi en demi-finale (71-62), une grande nation du basketball qui avait obtenu le titre continental en 1989 et 91, avant de le reconquérir en 1995 et 97 après avoir manqué l'édition 93 pour cause d'embargo de l'ONU, et qui n'est cette année que médaille de bronze, comme en 87. Les joueurs yougoslaves avaient pourtant commencé ce championnat d'Europe d'une manière impressionnante, bien que le conflit au Kosovo ait perturbé leur préparation, qui s'est effectuée en Grèce, à Salonique. De plus, leurs deux chefs de file emblématiques, Djordjevic avant la compétition et Sasha Obradovic juste à la fin de la deuxième phase, ont été blessés et n'ont pu finir. Divac, l'un des grands joueurs de la NBA, qui a fait preuve d'abnégation, et Bodiroga avec son talent multiforme, ont tout fait pour compenser ces deux absences. En vain.

Quant à l'Italie, elle avait mal négocié le début de la compétition, en étant battue lors de la première phase par la Croatie (70-68) alors qu'elle menait de 19 points à la mi-temps. Puis, en étant largement dominée au cours de la deuxième phase par la Lituanie (74-62 au Mans), qui l'a sévèrement châtiée dans le dernier quart d'heure.

En véritable équipe

Mais c'est une véritable équipe, et non un conglomérat de vedettes, qui a su surmonter ces désillusions, les joueurs faisant passer leur intérêt personnel après celui du collectif. Qui plus est, les Italiens ont su produire au final un jeu varié et attractif, que le public parisien a particulièrement apprécié.

La France, nation organisatrice, a trébuché (70-63) contre l'Espagne, mais il ne faut pas oublier que les Ibères avaient en quarts de finale éliminé les Lituaniens (74-72), qui comptaient parmi les favoris. Ces victoires espagnoles contre Français et Lituaniens ont été admirablement préparées mentalement et tactiquement par Lolo Sainz, l'entraîneur ibère, et ses assistants. Mais Bogdan Tanjevic, l'entraîneur bosniaque de l'Italie, a réussi à trouver le plan, que ses joueurs ont su exécuter à la perfection, pour annihiler le marqueur espagnol Alberto Herreros (19,2 points de moyenne sur le tournoi), qui n'a inscrit que 10 points en finale.

Révélation tchèque, déception grecque

La grande révélation de cet Euro 99 a été la République tchèque, les grandes déceptions sont évidemment la Grèce (3 défaites lors des 3 premiers matches et élimination dès la première phase), la Lituanie (5e) et la Russie (6e) qui sont parvenues à préserver une place aux JO de Sydney. Enfin, la Turquie, battue dans les dernières secondes (63-66) en quarts de finale par la France, a été la plus malheureuse.

Ce championnat d'Europe a, enfin, été un succès populaire: les six salles retenues ont accueilli un nombreux public (le plus faible pourcentage de remplissage a été de 65% à Clermont-Ferrand, c'est-à-dire 3250 spectateurs payants). Un des grands enseignements de la compétition.