La 86e édition de Liège-Bastogne-Liège, qui a été longue à s'animer réellement, s'est terminée par un final haletant. L'Italien Paolo Bettini (Mapei) s'est finalement imposé dans un sprint à trois, devançant l'Espagnol David Etxebarria et son compatriote Davide Rebellin. Les Suisses se sont souvent mis en évidence. Le meilleur a été Mauro Gianetti, sixième, malgré une chute au pied de la côte de la Redoute. Quatre autres Suisses se sont classés parmi les 22 premiers, Oskar Camenzind 13e, Markus Zberg 14e, Laurent Dufaux 21e et Niki Abersold 22e.

Les trois premières classiques de la saison, Milan – San Remo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, avaient été marquées par l'attentisme des favoris, par l'absence d'audace des principaux personnages du peloton. Allait-il en être autrement de la «Doyenne»? Le passage du premier juge de Paix, la côte de Stokeu, à 171 km du départ et 93 de l'arrivée, n'a effectivement pas joué son rôle habituel, laissant un peloton groupé derrière un groupe de huit échappés. Andrea Tafi, Grischa Niermann, Bobby Julich, Kurt Van de Wouwer, Matthieu White, Marcelino Garcia, Luca Mazzanti et Udo Bölts, le plus actif des huit, formaient cette avant-garde dont l'avance ne devait pas dépasser 2'50''.

Aucun candidat à la victoire, ni le moindre outsider, ne figurait dans ce groupe. Il y avait toutefois quelques équipiers de luxe pouvant jouer les têtes de pont pour leur leader, comme Van de Wouwer de Lotto, Bölts de Telekom, Mazzanti de Fassa Bortolo, Garcia de ONCE, White de Vini Caldirola, Tafi de Mapei. Certaines formations avaient raté le coche: Rabobank (Boogerd), Lampre (Camenzind), Liquigas (Rebellin). C'est l'intervention des coéquipiers de Camenzind, puis l'attaque de la côte de la Redoute, qui condamna cette échappée et son dernier survivant, Tafi.

Si les favoris ne se sont pas engagés dans la côte de Stokeu, ils le firent avec une belle détermination dans la Redoute, 7e ascension de la journée, dont le point culminant était à 34 km seulement de l'arrivée. Camenzind ne parvenait pas à tirer profit de la remarquable poursuite des siens, et devait laisser la vedette à Bettini, Rebellin, Casagrande, Frigo et Jalabert, qui faisaient le trou.

Frigo et Jalabert ne pouvaient tenir le rythme alors qu'Etxebarria et Belli réalisaient la jonction après la descente. Le reste du peloton n'allait plus revoir le quatuor de tête. Dans la montée vers Ans, Belli ne pouvait suivre et, au sprint, Bettini dominait de peu Etxebarria (qui n'avait pas pris les relais) et Rebellin. Sorti du peloton, Merckx terminait à 12'' seulement.

Comme prévu, la course a été très tactique. Merckx, qui s'était lancé à la contre-attaque après la Redoute, a été freiné par son directeur sportif Serge Parsani, pour protéger Bettini. Etxebarria n'a pas roulé en tête, attendant vainement le retour de Jalabert, pas au mieux dimanche. Les Rabobank, malgré la belle course de Niki Aebersold, ont continué leurs errements alors qu'ils étaient les plus nombreux dans le peloton chassant derrière les échappés.

Des battus, les Vini Caldirola ont les meilleures excuses à faire valoir. Si Casagrande n'était apparemment pas au même niveau que lors de la Flèche wallonne, Mauro Gianetti était en revanche en grande condition. Il a malheureusement été victime d'une chute et d'un bris de dérailleur à l'attaque de la côte de la Redoute. Une malchance qui l'a privé d'un exploit. Sa 6e place ne suffira pas à effacer sa déception.