Federer par-ci, Federer par-là. Il n'y en a que pour le Bâlois depuis sa victoire à Wimbledon. Et si les éloges pleuvent de toutes parts, les liasses de billets tombent également en masse! Sportif suisse le mieux payé de tous les temps, «Rodgeur» pointe cette année à la première place des gains ATP avec un total intermédiaire de 2 millions de dollars. A 21 ans, Federer a déjà engrangé 5,7 millions de dollars, sans compter ses gains annexes et les garanties (primes de présence aux tournois de moindre envergure, minimum de 600 000 dollars). Bien entendu, il reste loin derrière les 27 millions d'Andre Agassi, de onze ans son aîné, mais s'il devait durer aussi longtemps que l'Américain sur le circuit, il pourrait aisément franchir le cap des 30 millions…

Roger Federer affole les chiffres, et il a décidé voilà peu de quitter le groupe IMG pour prendre en main la gestion financière de sa carrière. Chef d'entreprise avec comme employés ses parents et sa compagne. Robert, le papa, s'occupe de la promotion de son image et de la gestion des salaires du staff technique. Lynette, la maman, a pris en charge le côté administratif, et Mirka Vavrinec gère son agenda ainsi que ses relations avec la presse.

Comme tout champion, Roger Federer soigne ses gains avec des contrats de publicité souvent mirobolants. Au mois de mars, Nike s'est engagé pour cinq ans avec le Suisse. Le magazine Facts parle d'un montant pouvant atteindre 20 millions de dollars, selon les résultats de leur protégé. Le géant américain a eu le nez creux en négociant ce contrat quelques mois avant son sacre à Wimbledon. Dorénavant, il veut saisir la balle au bond et promouvoir le «produit» Federer au niveau international. Ce dernier aura certainement droit à une nouvelle ligne d'habits, en rouge et blanc, comme il l'avait déjà obtenu en 2002. Et Nike espère le voir triompher rapidement à l'US Open, pour lui ouvrir le marché américain.

Souhait similaire du côté du fabricant de raquettes Wilson. Il y a dix-huit mois, Federer lui est resté fidèle malgré des propositions plus alléchantes. Pas question pour le Suisse de laisser tomber ceux qui lui ont fait confiance avant son irrésistible ascension. Comme pour Nike, Wilson veut profiter de l'euphorie du moment en mettant sur le marché suisse une série spéciale de la raquette du héros de Wimbledon. Une gamme destinée aux joueurs de haut niveau devrait également débarquer, tandis qu'une campagne de publicité internationale l'associant à Serena Williams est en route.

Plus proche de nous, la société Emmi est également sponsor du phénomène pour une somme avoisinant le million de francs (avec bonus en cas de victoires). Là aussi, les dirigeants ont réagi rapidement en tournant un spot TV à Gstaad pour promouvoir un de leurs produits laitiers. Pour compléter la liste, on peut encore citer Rolex, Atag Asset Management et Hugo Boss. Et cet automne, une ligne de cosmétiques à son nom sera lancée sur le marché. La petite entreprise de Roger Federer ne connaît pas la crise… Encore moins depuis sa victoire expéditive d'hier face au Français Lisnard (6-1, 6-2) et les 15 000 dollars qu'elle lui a rapportés.