Souvent, il n'est pas facile de vieillir. Certains golfeurs en donnent la preuve. Accablante parfois. Tel semble être le cas de l'Espagnol Severiano Ballesteros, gloire de ce sport, connu pour ses éclairs de génie plus que pour son palmarès, pourtant éloquent: cinq victoires dans des tournois majeurs, et 68 autres succès tous obtenus dans les années 1980.

Ce golfeur, aujourd'hui âgé de 50 ans, a tant marqué ce sport que son nom est devenu commun. Faire «une Ballesteros», c'est réaliser un coup considéré comme impossible. Cela permet à nombre de joueurs du dimanche de se comparer à cet artiste qui fit remarquer ses dons exceptionnels très jeune.

La 71e édition du Masters, cette semaine, marque le grand retour de Severiano Ballesteros, absent à Augusta depuis 2003. Mais c'est un petit retour. A l'issue de la première journée, le classement le situait à l'avant-dernière place.

Nul n'aura l'outrecuidance de se moquer du score de l'Espagnol, qui souffre vraiment du dos. S'il y a quelque chose qui cloche chez lui, ce n'est pas son jeu, mais sa façon d'être. «Je vais essayer de jouer le mieux possible et surtout de m'amuser», annonçait-il. Or, Ballesteros n'a montré qu'une triste figure.

Aux fans qui l'idolâtrent encore et l'encouragent de généreux «Come on, Seve», le joueur dit à peine merci, du bout d'une main qui paraît bien lourde et peu empressée, sans l'ombre d'un sourire.

Severiano Ballesteros n'est plus que l'ombre de lui-même. Comme s'il refusait d'accepter sa réalité, celle d'un immense champion qui persiste à croire qu'il peut revenir à son meilleur niveau. Malheureusement, il ressasse son glorieux passé et ne fait que le dévaluer, dévoré par l'orgueil.

«Tout le monde s'émerveille des coups de Phil Mickelson, de ses sorties de bunker ou de ses balles en cloche. Mais il les réalise avec un club de 62 degrés, ce qui retire pas mal à son mérite. Il en aurait plus s'il jouait ces coups avec un fer 8, comme je le faisais à l'époque», compare Severiano Ballesteros.