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Les supporters de Roger Federer sont davantage là pour voir leur héros que pour suivre le match.
© THOMAS PETER

Tennis

A l’Open d’Australie, un Roger Federer concentré devant un public dissipé

Programmé en toute fin de soirée, le Bâlois n’a pas traîné pour battre Richard Gasquet (6-2 7-5 6-4). Les spectateurs de la Rod Laver Arena n’en ont jamais douté

C’est Middle Saturday à Melbourne, le jour le plus festif de la quinzaine. Le record de spectateurs a été battu, avec plus de 68 000 entrées pour la journée (la soirée est comptabilisée à part), deux fois plus que les deux jours de canicule qui ont précédé. La température est redescendue de 15 degrés (il en reste tout de même 25). Mais ceux qui ont dû batailler dans la fournaise jeudi après-midi s’en souviennent encore.

Novak Djokovic s’est qualifié (6-2 6-3 6-3 contre l’Espagnol Albert Ramos-Viñolas), mais il a mal au coude et s’est fait longuement manipuler le dos. Juan Martin Del Potro, amorphe contre Tomas Berdych, Alexandre Zverev, encore incapable de tenir cinq sets (contre le Sud-Coréen Chung) et le vétéran Julien Benneteau, poussé à bout par Fabio Fognini, sont eux éliminés du tournoi au moment où Roger Federer fait son apparition sur la Rog' Laver, euh la Rod Fed', euh la Rod Laver Arena. Le Bâlois y joue si souvent (tous ses matches, en fait) que l’on confond… La parfaite connaissance des lieux lui permet de prendre un bon départ: 100% de premières balles sur ses deux premiers jeux de service et break à 3-1.

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Festival de bons (et de moins bons) mots

Le public est dissipé. Il est venu au spectacle et, pour lui, le résultat ne fait aucun doute. Entre les points, les bons mots fusent. L’un force l’accent australien, brocardé en début de semaine par l’acteur Will Ferrer («Rajaa Faderaa»); une rangée de spectateurs a imaginé un petit gimmick en hommage au «Fed Express» (avec l’inévitable «Tchou-tchou»); une voix masculine lance posément: «We like you, Roger»; un autre glougloute une déclaration d’amour et, encouragé par les rires du public, récidive un peu plus tard. Sans oublier le très décalé «Vamos Rafa!». Bref, pas grand monde ne prend ce match au sérieux.

Pas facile, dans ce contexte, de rester concentré. Federer s’y essaie et, à coups d’accélérations de revers long de ligne, maintient Richard Gasquet sous pression. Le Français perd une deuxième fois son service sur une double faute et lâche la première manche en 27 minutes (6-2). Pour quelqu’un qui avait estimé, la veille, que son salut passait par le fait de faire la course en tête, c’est embêtant.

Faire durer le plaisir

Le Biterrois n’a pas totalement renoncé cependant à l’idée d’embêter un peu son prestigieux rival. Richard Gasquet résiste, prouve qu’il existe. Lui aussi possède un revers (à une main) de cristal, peut déposer la balle où il veut, que sa raquette peut aussi bien produire sous forme de coups droits qui claquent que d’amortis ouatés. Il devient plus entreprenant et, comme Roger Federer joue lui-même un peu moins bien, les débats s’équilibrent.

Les deux joueurs se tiennent jusqu’à 5-5. Le Suisse a l’avantage de servir en premier. Il mène 6-5 et compte bien agresser son adversaire en retour. Gasquet le sait, Federer sait que Gasquet le sait. C’est un combat psychologique dont on devine assez facilement l’issue. A 30-30, Federer lâche un passing de revers qui lui donne une balle de set. C’est l’heure du «Chum Jetze», son petit cri de guerre qu’il sort de temps à autre. Pas besoin: une faute directe de Gasquet (comme au premier set) règle l’affaire (7-5).

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Sur sa lancée, et puisqu’il conserve l’avantage de servir en premier, Roger Federer se détache tout de suite et mène rapidement 3-0. Le public en perd sa légèreté. Il comprend que c’est bientôt fini, que tous ne pourront pas revenir lundi pour le huitième de finale contre le surprenant Hongrois Marton Fucsovics. Alors on encourage Gasquet. On prie, on supplie «Richaard» de tenir encore un peu. L’intéressé n’est pas contre l’idée: à 4-2 Federer, il obtient deux balles de break. La seconde lui permet de revenir à 4-3 puis 4-4. Mais à 5-4 Federer, juste avant les deux heures de match, le Bâlois décide que c’en est assez. Il s’impose 6-2 7-5 6-4.

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